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Ghana – Afrique du Sud : une crise diplomatique éclate après la mort controversée d’un migrant

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La crise migratoire qui secoue l’Afrique du Sud vient de franchir un nouveau seuil politique. Alors que le pays est confronté à une montée des manifestations contre les migrants en situation irrégulière, la mort d’un ressortissant ghanéen a provoqué un vif échange entre Accra et Pretoria. Les deux capitales s’opposent désormais sur les circonstances exactes de ce décès, alimentant une controverse diplomatique dans un contexte régional particulièrement sensible.

Au cœur de la polémique figure Bashiru Isak, un Ghanéen de 40 ans. Dans un communiqué publié mercredi, le ministère ghanéen des Affaires étrangères affirme que son ressortissant a été tué lors des « manifestations anti-immigrés liées aux attaques xénophobes en cours » dans le township de Khayelitsha, au Cap. Accra indique avoir officiellement protesté auprès des autorités sud-africaines afin d’obtenir des explications sur les circonstances du drame.

Pretoria réfute catégoriquement cette version. Le gouvernement sud-africain qualifie les accusations ghanéennes de déclarations « factuellement incorrectes » et « non fondées sur des faits ». Les autorités assurent qu’« aucun décès » n’a été enregistré le jour des manifestations qui ont mobilisé des milliers de personnes à travers plusieurs régions du pays, rejetant ainsi tout lien entre les rassemblements et la mort évoquée par le Ghana.

Les investigations menées par la police sud-africaine aboutissent à une tout autre hypothèse. Selon les forces de l’ordre, le meurtre pourrait être « lié à une extorsion » plutôt qu’aux mouvements anti-immigrés. Les enquêteurs précisent qu’un ressortissant ghanéen de 35 ans, dont l’identité ne correspond pas à celle communiquée par Accra, a été abattu lundi dans un salon de coiffure. Ils contestent également la date et le lieu avancés par les autorités ghanéennes.

Cette divergence intervient alors que l’Afrique du Sud connaît une recrudescence des tensions autour de l’immigration clandestine. Mardi, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans différentes villes du pays, à l’issue de plusieurs semaines de mobilisation exigeant le départ des migrants en situation irrégulière. La campagne a culminé avec l’échéance symbolique du 30 juin, présentée par certains groupes comme une date limite pour quitter le territoire sud-africain.

Les conséquences de cette vague de contestation dépassent désormais les frontières sud-africaines. Selon les forces de sécurité, plus de 25 000 personnes ont déjà quitté le pays, parmi lesquelles figurent des centaines de ressortissants ghanéens. Face au climat d’insécurité grandissant, plusieurs États africains ont organisé ces dernières semaines le rapatriement volontaire de leurs citoyens, illustrant l’ampleur régionale d’une crise migratoire qui continue d’alimenter les tensions diplomatiques sur le continent.