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Décolonisation de l’école africaine : le MMLK lance « l’Appel de Lomé »

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Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) veut ouvrir un nouveau front dans le débat sur la souveraineté africaine. Dans un communiqué publié le 9 août 2026 à Lomé, l’organisation panafricaine des droits de l’Homme s’attaque frontalement aux systèmes éducatifs hérités de la colonisation et appelle à une refonte profonde de l’école francophone en Afrique.

Pour le MMLK, l’indépendance politique n’a pas été suivie d’une véritable émancipation des systèmes éducatifs. Plus de six décennies après les indépendances, l’organisation estime que les pays africains continuent de fonctionner avec des programmes largement hérités de l’époque coloniale.

« Pendant plus de 60 ans, nous avons changé les symboles comme drapeaux, devises, Hymnes mais gardé les programmes coloniaux », dénonce le mouvement, qui résume sa position en deux mots : « TROP C’EST TROP ».

Dans son manifeste baptisé « L’Appel de Lomé pour la décolonisation totale de l’école africaine francophone », le MMLK estime que l’école actuelle contribue encore à la reproduction de modèles culturels et intellectuels venus d’ailleurs. L’organisation fustige notamment une formation davantage tournée vers la mémorisation que vers la création, la production et l’entrepreneuriat.

« Elle forme à dépendre, à réciter pas à produire ni à entreprendre », affirme le communiqué. Le mouvement va plus loin en estimant que le système éducatif « fabrique des diplômés-chômeurs au lieu de bâtisseurs et des entrepreneurs ».

L’école, premier champ de bataille de la souveraineté

Au cœur de son manifeste, le MMLK place l’éducation avant les autres leviers de souveraineté. Pour l’organisation, aucune indépendance durable ne peut être consolidée si les Africains ne maîtrisent pas les contenus, les langues et les finalités de leur propre système éducatif.

« L’école est le premier champ de bataille de souveraineté », proclame le mouvement, qui estime qu’avant l’armée, la monnaie ou encore les ressources minières, l’Afrique doit d’abord reprendre en main son école.

Le MMLK considère ainsi comme une menace pour la souveraineté le fait de laisser l’orientation des systèmes éducatifs africains dépendre de modèles extérieurs. « Il est formellement interdit de confier l’éducation de nos enfants aux autres. C’est un crime contre la souveraineté », affirme-t-il.

Cette position conduit le mouvement à appeler à un changement de perspective. « Un peuple qui apprend avec les lunettes des autres, verra toujours avec les yeux des autres », soutient le communiqué, avant de lancer : « Il est temps d’enlever les lunettes ».

Trois ruptures réclamées

Pour concrétiser cette vision, le MMLK réclame trois ruptures immédiates dans l’organisation de l’école africaine francophone.

La première concerne la langue. Le mouvement demande l’introduction des langues nationales dans l’enseignement dès la maternelle. Le français, selon lui, devrait conserver sa place comme langue de travail, mais ne plus constituer l’unique langue de pensée et de transmission des savoirs.

La deuxième rupture porte sur les contenus pédagogiques. Le MMLK appelle à « réécrire l’histoire, la géographie, les sciences, la philosophie » afin de replacer l’Afrique au cœur des enseignements. L’organisation veut notamment que les élèves connaissent davantage leur propre histoire, leurs figures historiques et leurs civilisations.

Elle dénonce, à cet égard, une école qui « enseigne la Seine mais ignore le Mono » et qui « célèbre Napoléon mais efface Soundiata ou Agokoli ».

La troisième rupture touche à la finalité même de l’éducation. Le MMLK plaide pour une école davantage orientée vers les réalités économiques et sociales du continent. Il veut qu’elle forme des agriculteurs, des artisans, des ingénieurs et des entrepreneurs capables de produire et de transformer localement.

« Une école pour produire et transformer pas une école pour mendier des visas », martèle le mouvement.

Dirigeants, enseignants, parents et jeunesse interpellés

L’Appel de Lomé ne s’adresse pas uniquement aux gouvernements. Le MMLK interpelle également les enseignants, les parents et la jeunesse africaine.

Aux dirigeants, il demande d’assumer leur responsabilité dans la transformation des systèmes éducatifs. « Le peuple veut la décolonisation de l’école et vous avez le pouvoir de le faire sans peur », affirme le communiqué.

Aux enseignants, le mouvement attribue un rôle central dans cette bataille idéologique et culturelle. « Vous êtes les premiers soldats de la souveraineté africaine », estime-t-il, les invitant à « instruire, éduquer et ne pas bourrer les cerveaux ».

Les parents sont, eux aussi, appelés à s’impliquer dans cette transformation. Quant à la jeunesse, elle est invitée à rompre avec une logique d’imitation. « Refusez d’être des perroquets de l’Occident ! Conquérez votre champ de bataille ! », lance le MMLK.

Des « Écoles Sentinelles de Souveraineté » annoncées

Le mouvement ne se limite pas aux dénonciations. Il annonce plusieurs initiatives destinées à traduire son manifeste en actions concrètes.

Le MMLK prévoit notamment d’accompagner les pays désireux de réformer leur système éducatif, de créer des « Écoles Sentinelles de Souveraineté » pilotes pour expérimenter de nouveaux curricula et de dénoncer toute puissance qui chercherait, selon lui, à conserver une influence déterminante sur l’école africaine.

L’organisation salue également les initiatives engagées par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qu’elle présente comme ayant « osé ouvrir le débat » sur la souveraineté éducative.

Le MMLK résume sa démarche par une formule qui constitue le fil conducteur de son manifeste : « Un peuple sans école souveraine est un peuple sans souveraineté ».

Avec cet « Appel de Lomé », le Mouvement Martin Luther King entend ainsi placer la décolonisation de l’éducation au centre du débat panafricain et faire de l’école, non plus seulement un lieu de transmission des connaissances, mais un instrument de souveraineté, de production et d’émancipation.

« Décolonisons le système éducatif colonial », réclame le mouvement, avant de conclure par son mot d’ordre : « enlevons les lunettes ! gagnons le champ de bataille de souveraineté ! »