Qui est Edmond Yawo Amekuse, le nouvel évêque du diocèse de Kpalimé ?

Du Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé aux responsabilités universitaires à Ouagadougou, en passant par Abidjan et Rome, Edmond Yawo Amekuse a construit un parcours ecclésiastique marqué par la formation, l’enseignement et le service de l’Église. À 58 ans, le prêtre originaire d’Agou-Akoumahou revient dans son diocèse natal, mais cette fois dans la peau de son premier pasteur.
Nommé par le pape Léon XIV le 26 juin 2026, Edmond Yawo Amekuse est devenu, ce samedi 29 août, le troisième évêque du diocèse de Kpalimé. Son ordination épiscopale, célébrée à la paroisse Immaculée Conception de Kpalimé-Tsihinu, marque l’aboutissement d’un long cheminement sacerdotal et ouvre une nouvelle étape de son ministère.

Un enfant du diocèse appelé à le diriger
Né le 16 novembre 1967 à Agou-Akoumahou, dans le diocèse de Kpalimé, Edmond Yawo Amekuse a grandi dans le territoire ecclésial qu’il est désormais appelé à conduire. Sa vocation le mène au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé, où il entreprend des études de philosophie et de théologie.
Le 28 décembre 1996, il est ordonné prêtre pour le diocèse de Kpalimé. Ses premières responsabilités pastorales se déroulent naturellement dans son diocèse d’origine. Entre 1996 et 1999, il sert comme vicaire paroissial à la cathédrale Saint-Esprit de Kpalimé, tout en enseignant la religion au Collège polyvalent de la ville.
Ces premières années dessinent déjà les deux dimensions qui caractériseront son parcours : la proximité pastorale et la transmission du savoir.
Abidjan, Rome : une formation qui façonne son ministère
Après ses premières années de ministère, Edmond Yawo Amekuse approfondit sa formation théologique. Entre 1999 et 2000, il poursuit des études à l’Institut catholique missionnaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Il rejoint ensuite Rome, où il se forme notamment au dialogue interreligieux au PISAI. Son parcours académique se poursuit de 2001 à 2008 à l’Athénée pontifical Saint-Anselme, où il se spécialise en liturgie et obtient un doctorat dans cette discipline.
Cette solide formation universitaire devient par la suite un véritable levier de son ministère. De retour au Togo, il est appelé à transmettre son expertise aux futurs prêtres en devenant professeur de liturgie au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II de Lomé.
Professeur, formateur et universitaire
Chez Edmond Yawo Amekuse, le ministère sacerdotal s’est progressivement doublé d’une vocation à la formation. Pendant plusieurs années, il enseigne et accompagne ceux qui se préparent au sacerdoce.
De 2020 à 2023, il exerce comme formateur au Grand Séminaire Saint-Jean-Paul II. Son parcours s’élargit également à l’enseignement supérieur catholique. À l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Université universitaire du Togo (UCAO-UUT), il assume notamment les fonctions d’aumônier et de secrétaire général.
En 2023, il franchit une nouvelle étape en rejoignant Ouagadougou, au Burkina Faso. Il y devient secrétaire général de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest. Une fonction administrative de premier plan qu’il occupait encore lorsqu’est tombée l’annonce de sa nomination épiscopale.
« Se battre avec Dieu » avant d’accepter
La décision du pape Léon XIV de le placer à la tête du diocèse de Kpalimé n’a pas laissé le principal intéressé indifférent. Loin d’accueillir cette nomination comme une simple promotion dans une carrière ecclésiastique, Edmond Yawo Amekuse a évoqué son étonnement face à cette nouvelle mission.
Quelques jours avant son ordination, il confiait avoir dû « se battre avec Dieu » avant d’accepter cette responsabilité. Derrière cette formule se lit le poids d’une charge qu’il perçoit avant tout comme un appel au service.
Sa nomination intervient après la renonciation de Mgr Benoît Comlan Messan Alowonou à la charge pastorale du diocèse, qu’il dirigeait depuis 2001.
Une conception fondée sur la proximité
Le nouvel évêque semble vouloir placer la proximité au cœur de son ministère. Pour lui, conduire un diocèse ne consiste pas seulement à administrer une structure ecclésiale, mais à accompagner des femmes et des hommes dans leur chemin de foi.
« Être évêque signifie être proche des autres, marcher avec les autres », expliquait-il quelques jours avant son ordination.
Cette vision trouve un écho particulier dans sa devise épiscopale : « Ad Iutores Gaudi Vestri », que l’on peut traduire par « Nous sommes les coopérateurs de votre joie ».
Communion ecclésiale, évangélisation, inculturation et œcuménisme figurent parmi les axes qu’il entend privilégier. Le nouveau prélat accorde également une attention particulière aux personnes vulnérables et à la jeunesse, considérée comme l’un des enjeux majeurs de la vie de l’Église.
Du sacerdoce à l’épiscopat
L’ordination du 29 août 2026 constitue donc bien plus qu’un changement de fonction. Elle marque le passage d’un ministère largement consacré à la formation et à l’enseignement à une responsabilité pastorale beaucoup plus vaste.
Edmond Yawo Amekuse devient le troisième évêque du diocèse de Kpalimé, après Mgr Kpodzro et Mgr Benoît Comlan Messan Alowonou. Il prend désormais la responsabilité d’un diocèse couvrant notamment les préfectures de Kloto, Agou, Danyi, Haho et Moyen-Mono.
Près de trente ans après son ordination sacerdotale, le nouveau prélat retrouve ainsi la terre de ses origines. Né à Agou-Akoumahou, formé à Lomé, Abidjan et Rome, puis engagé dans la formation et l’administration universitaire jusqu’à Ouagadougou, Edmond Yawo Amekuse revient à Kpalimé avec une expérience construite au fil de trois décennies.
Son nouveau défi sera désormais de transformer cette expérience en action pastorale, au service d’une Église qu’il veut plus proche, plus fraternelle et davantage tournée vers la jeunesse et les personnes vulnérables.














