Togo : Séna Alouka, défenseur de l’environnement tire sa révérence

Séna Alouka
Séna Alouka, figure engagée de la défense de l’environnement au Togo et en Afrique, est décédé ce jeudi 3 septembre 2026. Directeur exécutif de l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), il aura consacré plusieurs décennies à la protection de l’environnement, à la lutte contre les changements climatiques et à la mobilisation de la jeunesse africaine en faveur d’un développement plus durable.
Bien au-delà de ses fonctions au sein de l’organisation, Séna Alouka s’était imposé au fil des années comme l’une des voix africaines les plus constantes sur les enjeux environnementaux, climatiques et énergétiques. Son engagement, déployé au Togo comme dans plusieurs autres pays du continent, témoignait d’une conviction profonde : la jeunesse africaine ne devait pas rester spectatrice des bouleversements écologiques qui menacent son avenir.

Faire de la jeunesse une force pour l’environnement
Son parcours militant repose notamment sur une volonté de donner aux jeunes les moyens de prendre part aux réponses apportées aux défis environnementaux. Pendant plusieurs décennies, Séna Alouka a accompagné et mobilisé des générations de jeunes autour de la protection de la nature, de la promotion de l’économie verte et de la recherche de solutions adaptées aux réalités africaines, notamment dans la région du Sahel.
À travers la (JVE) Jeunes Volontaires pour l’Environnement, créée le 23 novembre 2001, il a contribué à structurer une véritable dynamique citoyenne autour de l’éducation environnementale. L’organisation s’est progressivement affirmée comme un cadre de sensibilisation et d’action en faveur de la protection de l’environnement. Son travail a également contribué à nourrir le débat sur les politiques énergétiques et à pousser les pouvoirs publics à repenser certaines orientations dans l’intérêt des populations.
L’action de Séna Alouka ne s’est toutefois pas limitée à la sensibilisation. Soucieux de répondre aux difficultés socioéconomiques auxquelles étaient confrontés de nombreux jeunes, il a également mis en place un Programme de Développement Communautaire destiné notamment à accompagner des diplômés universitaires sans emploi.
Des barrages aux politiques climatiques, un engagement sans frontières
La question des infrastructures et de leurs conséquences environnementales occupait également une place importante dans son combat. Au Bénin comme au Togo, il a participé à la mise en place d’un mouvement destiné à alerter sur les effets d’une mauvaise conception ou d’une construction inadéquate des barrages.
Dans cette démarche, il a échangé avec des organisations internationales afin de promouvoir des infrastructures hydroélectriques plus durables et mieux adaptées aux réalités des territoires africains. Cette réflexion a notamment abouti à la publication d’un guide intitulé « How to Build Better Dams in Africa », consacré aux enjeux liés à la construction de barrages plus responsables.
Son action s’inscrivait ainsi dans une approche qui liait étroitement protection de l’environnement, développement économique et amélioration des conditions de vie. Derrière les débats sur le climat, Séna Alouka défendait une vision dans laquelle la transition écologique devait également constituer une opportunité pour les communautés et les générations futures.
Du journalisme à l’activisme environnemental
Avant de devenir une figure reconnue du militantisme environnemental, Séna Alouka avait d’abord fait ses armes dans le journalisme. En 1998, il lance une émission de radio destinée aux étudiants, « Le coin des étudiants », offrant à cette frange de la population un espace d’expression consacré à ses préoccupations et à ses difficultés.
L’expérience radiophonique va progressivement prendre une nouvelle orientation. L’émission devient « Coin de l’environnement », donnant naissance à ce qui est présenté comme l’une des premières émissions radiophoniques consacrées spécifiquement aux questions environnementales au Togo.
Cette trajectoire illustre la cohérence de son parcours : informer, sensibiliser, mobiliser puis agir. Le journalisme lui aura ainsi servi de premier outil pour porter la parole des jeunes et attirer l’attention sur des problématiques longtemps reléguées au second plan.
Son travail journalistique est d’ailleurs distingué en 2002 par le prix du « meilleur journaliste », obtenu pour un article consacré à la vie sociale et politique en Afrique du Sud.
Un héritage tourné vers les générations futures
À la tête de la JVE, Séna Alouka aura finalement transformé son engagement individuel en une dynamique collective. Son parcours aura contribué à faire émerger une génération de jeunes davantage consciente des enjeux liés au changement climatique, à la protection des ressources naturelles et à la nécessité d’un développement plus durable.
Sa disparition laisse donc un vide dans le mouvement environnemental togolais et africain. Mais elle rappelle également la portée d’un combat mené sur plusieurs décennies : faire comprendre que la crise climatique n’est pas une question lointaine, mais une réalité qui concerne directement les sociétés africaines et leur avenir.
À travers la JVE, les initiatives en faveur de l’économie verte, l’éducation environnementale, le plaidoyer sur les politiques énergétiques et son travail sur les infrastructures durables, Séna Alouka laisse une contribution importante au débat environnemental en Afrique.
Son engagement aura surtout porté un message essentiel : la protection de l’environnement ne peut être dissociée de la responsabilité envers les générations futures.














