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France : le MMLK appelle au dialogue face aux émeutes scolaires

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La crise scolaire qui secoue la France inquiète jusqu’au Togo. Face à l’escalade des violences rapportées depuis la fin septembre 2026, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) appelle les autorités françaises et les lycéens à rompre avec la logique de confrontation et à privilégier le dialogue. Dans un communiqué signé le 3 octobre à Lomé, l’organisation dirigée par le pasteur Edoh Komi condamne les violences tout en dénonçant une réponse sécuritaire qu’elle juge disproportionnée.

Selon le MMLK, la situation serait particulièrement tendue. L’organisation évoque plus de 1 200 lycées perturbés, dont 222 établissements bloqués, ainsi que plus de 5 000 jeunes interpellés en l’espace d’une semaine, parmi lesquels une majorité de mineurs. Elle fait également état d’incendies d’établissements scolaires, de destructions et d’affrontements ayant fait des centaines de blessés parmi les forces de l’ordre, les personnels éducatifs et les élèves.

À ces violences s’ajouteraient des dégâts matériels évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Le MMLK condamne les violences

Le mouvement affirme condamner « fermement » les actes de violence, le vandalisme et la destruction des infrastructures publiques. Pour le MMLK, les établissements scolaires ne peuvent devenir les cibles d’une colère qui risque de se retourner contre ceux qu’elle prétend défendre.

« L’école est le sanctuaire de l’avenir. La brûler, c’est brûler son propre avenir », estime l’organisation, qui invite les lycéens à privilégier les moyens de contestation pacifiques et citoyens, en référence à l’héritage de Martin Luther King.

Mais l’organisation togolaise ne limite pas son interpellation aux manifestants. Elle s’adresse également au gouvernement français et aux forces de l’ordre, auxquelles elle demande de mettre fin à ce qu’elle qualifie de « répressions disproportionnées » et de « rafles massives de mineurs ».

« La garde à vue n’est pas une réponse éducative »

Pour le MMLK, la fermeté sécuritaire ne saurait constituer une réponse durable à une crise qui trouve, selon lui, ses racines dans les difficultés du système éducatif.

« La garde à vue n’est pas une réponse éducative. On ne construit pas l’autorité en humiliant la jeunesse », affirme le mouvement, qui estime que la France, en tant que « patrie des Droits de l’Homme », ne devrait pas répondre à une crise éducative principalement par des mesures coercitives.

Le MMLK appelle ainsi l’exécutif français à écouter les revendications portées par les jeunes. Il cite notamment la vétusté de certains équipements scolaires, le manque d’enseignants et la surpopulation des classes.

L’organisation préconise, en conséquence, un investissement massif dans la rénovation des établissements existants et la construction de nouvelles infrastructures scolaires « modernes et dignes ».

Le « boomerang de l’histoire »

Le communiqué prend toutefois une dimension plus politique lorsqu’il établit un parallèle avec l’histoire coloniale française.

Le MMLK dit redouter que la France ne soit aujourd’hui confrontée, sur son propre territoire, à des problèmes qu’elle aurait longtemps laissés sans solution dans ses anciennes colonies : « inégalités criantes, jeunesse abandonnée, infrastructures délabrées, dialogue rompu ».

Pour le mouvement, cette situation constituerait un « boomerang de l’histoire ». « Quand on sème la négligence, on récolte la colère », écrit-il.

Une formule qui traduit la portée politique du message adressé par le MMLK à Paris : selon l’organisation, la crise actuelle ne peut être réduite à une question d’ordre public. Elle doit également être analysée sous l’angle des inégalités sociales, de l’état des infrastructures scolaires, de l’avenir de la jeunesse et de la capacité des pouvoirs publics à maintenir un dialogue avec celle-ci.

En conclusion, le MMLK appelle toutes les parties à éviter une nouvelle escalade. Son mot d’ordre tient en deux principes : « Que la non-violence et la justice prévalent. »

Le communiqué est signé par le pasteur Edoh Komi, président du Mouvement Martin Luther King, depuis Lomé, le 3 octobre 2026.