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HCR et ASKY ouvrent de nouvelles perspectives aux réfugiés

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L’aide humanitaire ne suffit plus. Face à des millions de personnes contraintes de fuir leur pays, l’accès à l’emploi, à la formation et aux marchés devient un levier décisif pour sortir durablement de la dépendance. C’est dans cette perspective que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et la compagnie aérienne panafricaine ASKY ont signé, ce 5 octobre 2026 à Lomé, un partenariat de trois ans consacrés à l’inclusion économique des réfugiés.

L’accord vise à ouvrir de nouvelles perspectives aux personnes déplacées de force, en rapprochant leurs compétences des besoins du secteur privé. Dans sa première phase, le dispositif sera déployé au Sénégal, au Ghana, au Bénin, au Togo, au Nigeria et en Côte d’Ivoire.

Au programme : formations techniques et professionnelles, bourses d’études, stages et possibilités d’insertion professionnelle, notamment dans le secteur de l’aviation. ASKY entend ainsi mettre son réseau et son expertise au service d’un processus d’autonomisation qui ne se limite pas à l’accès à un emploi.

De l’aide humanitaire à l’autonomie économique

Le changement de perspective est important. Pour le HCR, l’objectif consiste à permettre progressivement aux réfugiés de disposer des moyens nécessaires pour construire leur avenir, plutôt que de rester durablement dépendants de l’assistance humanitaire.

Abdouraouf Gnon Konde, directeur régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, défend cette approche comme une réponse aux réalités d’un déplacement forcé qui peut s’inscrire dans la durée. L’ambition de l’organisation est que, d’ici 2035, la moitié des réfugiés vivant dans des situations prolongées de déplacement puissent accéder à des solutions durables.

L’urgence est particulièrement visible en Afrique de l’Ouest et du Centre. En septembre 2026, la région comptait plus de 4 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile. Les femmes et les enfants représentent environ 80 % de cette population. L’accès à l’éducation, à la formation professionnelle et à un emploi décent constitue donc un enjeu majeur, notamment pour les jeunes filles et les femmes, souvent confrontées à des barrières supplémentaires.

ASKY ouvre sa chaîne de valeur

Le partenariat ne devrait pas se limiter au recrutement de réfugiés au sein de la compagnie aérienne. ASKY prévoit également d’examiner les moyens d’intégrer des entreprises appartenant à des réfugiés dans sa chaîne d’approvisionnement.

Cette dimension entrepreneuriale élargit considérablement la portée de l’initiative. L’accès aux marchés, le développement des entreprises et, à terme, l’intégration dans certaines chaînes de valeur agricoles pourraient faire partie des pistes explorées par les deux partenaires.

L’idée est claire : faire des réfugiés non seulement des bénéficiaires de dispositifs sociaux, mais aussi des acteurs économiques capables de produire, d’entreprendre et de créer de la valeur.

Lomé appelé à jouer un rôle régional

Le Togo pourrait occuper une place particulière dans cette nouvelle dynamique. Lomé est appelé à devenir un pôle régional de formation, notamment grâce à l’implantation et au réseau d’ASKY.

Les modalités d’intervention seront toutefois adaptées aux réalités de chaque pays. Au Ghana, le partenariat doit notamment permettre de renforcer les possibilités d’emploi. Au Sénégal, l’une des pistes consiste à faciliter l’accès des entreprises détenues par des réfugiés aux marchés. En Côte d’Ivoire, certaines actions pourraient concerner la réunification familiale et les retours volontaires.

ASKY étudiera également la possibilité d’intégrer des réfugiés qualifiés dans certains de ses programmes de formation, de stages et de recrutement, en fonction des besoins de l’entreprise et selon les critères habituels applicables à ces dispositifs.

Un partenariat inédit dans la région

Présenté comme le premier partenariat conclu par le HCR avec une compagnie aérienne régionale en Afrique de l’Ouest et du Centre, l’accord signé à Lomé porte une ambition qui dépasse le seul secteur aérien.

Son véritable test sera désormais sa capacité à produire des résultats mesurables : formations effectivement accessibles, stages débouchant sur des emplois, entreprises de réfugiés connectées aux marchés et davantage de jeunes, notamment des femmes, capables de construire leur autonomie économique.

Pour le HCR comme pour ASKY, le pari consiste aussi à convaincre d’autres entreprises africaines que l’inclusion des réfugiés peut s’inscrire dans une stratégie économique et sociale de long terme. Dans une région confrontée à des déplacements forcés massifs, l’emploi pourrait ainsi devenir l’un des instruments les plus efficaces de l’intégration et de l’autonomie.