Coupures d’électricité au Togo : Donatien Awoessoh plaide pour une meilleure exploitation du solaire et de l’éolien

Face aux perturbations récurrentes de la fourniture d’électricité au Togo, Donatien Awoessoh appelle à un changement d’approche dans la politique énergétique nationale. L’analyste et expert interprète-traducteur agréé près les cours et tribunaux préconise une valorisation accrue des ressources naturelles, notamment le soleil et le vent, afin de renforcer l’autonomie énergétique du pays.
Les coupures d’électricité qui affectent le quotidien des Togolais ne doivent plus être considérées comme une fatalité. Dans une tribune publiée le 28 octobre 2026, Donatien Awoessoh invite les autorités et les acteurs concernés à repenser les stratégies d’approvisionnement énergétique du pays, en misant davantage sur les ressources naturelles disponibles sur le territoire national.

« Comment comprendre qu’un pays qui bénéficie d’un soleil aussi généreux continue de faire face à des difficultés d’approvisionnement en électricité ? », s’interroge-t-il, soulignant la nécessité d’examiner les solutions susceptibles de réduire durablement les perturbations du réseau électrique.
Pour l’analyste, les conséquences de ces interruptions dépassent largement les désagréments domestiques. Elles affectent les ménages, désorganisent les activités commerciales et artisanales, compromettent les conditions d’apprentissage des élèves et fragilisent la productivité des petites entreprises. Les pertes financières, la détérioration des marchandises et les difficultés de fonctionnement constituent autant de répercussions qu’il estime nécessaire de prendre en compte.
« L’électricité n’est pas un luxe. Elle est devenue indispensable à notre quotidien et au développement de notre pays », a-t-il déclaré, avant d’appeler à une réflexion approfondie sur les moyens de garantir une alimentation électrique plus fiable aux populations.

Le solaire, un potentiel à mieux valoriser
Au cœur des propositions de Donatien Awoessoh figure l’exploitation accrue de l’énergie solaire. Bénéficiant d’un ensoleillement important, le Togo disposerait, selon lui, d’un atout naturel dont le potentiel pourrait être davantage mobilisé pour répondre aux besoins énergétiques des populations.
« Le soleil brille presque toute l’année, mais cette lumière pourrait aussi servir à produire une part plus importante de l’électricité dont nous avons besoin », a-t-il souligné.

Dans cette perspective, il suggère d’accroître les investissements dans les installations photovoltaïques, notamment par la construction de centrales solaires sur des sites appropriés. Il évoque également l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments publics, les établissements scolaires, les centres de santé et les marchés.
Une telle orientation permettrait, selon lui, de réduire certaines dépenses liées à la consommation électrique et d’améliorer la continuité des services essentiels, particulièrement lorsque le réseau conventionnel connaît des perturbations.
L’intéressé reconnaît toutefois que l’énergie solaire ne saurait, à elle seule, résoudre l’ensemble des difficultés du secteur. Il relève la nécessité de mobiliser des investissements conséquents, de disposer d’équipements adaptés, de développer des capacités de stockage et de renforcer les infrastructures de distribution.

« Est-ce une raison pour ne pas lui accorder la place qu’elle mérite dans notre stratégie de développement ? », a-t-il lancé, plaidant pour une intégration plus ambitieuse du solaire dans les orientations énergétiques nationales.
Le potentiel éolien du littoral à l’étude
Au-delà du soleil, Donatien Awoessoh invite également à explorer les possibilités offertes par l’énergie éolienne, notamment dans les zones côtières du pays. Il estime que le vent pourrait constituer une source complémentaire de production d’électricité, sous réserve de résultats concluants issus d’études techniques.

Prenant soin de préciser qu’il s’exprime en profane sur cette question, et non en technicien, il appelle à une évaluation sérieuse du potentiel éolien du littoral togolais.
« Il ne s’agit pas de lancer des projets au hasard, mais de rechercher des solutions adaptées à notre environnement et à nos moyens », a-t-il précisé.
Pour lui, la complémentarité entre les énergies solaire et éolienne mérite une attention particulière. La production photovoltaïque pourrait contribuer à couvrir les besoins en journée, tandis que l’énergie éolienne pourrait apporter un appoint lorsque les conditions de vent sont favorables. Associées à des dispositifs de stockage et à une gestion efficace du réseau, ces deux sources pourraient participer au renforcement de la sécurité énergétique nationale.

L’analyste invite ainsi à dépasser une perception essentiellement paysagère des richesses naturelles du pays, afin de les envisager comme des leviers potentiels de développement économique.
Pour une ambition énergétique tournée vers l’autonomie
Pour Donatien Awoessoh, la question de l’électricité demeure indissociable des ambitions de développement du Togo. Le fonctionnement des écoles, des établissements de santé, des entreprises et des ménages dépend, rappelle-t-il, de la disponibilité d’une énergie fiable.

Il estime, dès lors, que les difficultés récurrentes d’approvisionnement doivent inciter à des choix stratégiques orientés vers la diversification des sources de production et la valorisation des ressources nationales.
« Il ne s’agit pas de promettre une disparition immédiate des coupures, mais de prendre dès maintenant des décisions qui nous permettront d’en réduire les causes et les conséquences sur le long terme », a-t-il indiqué.
Cette démarche suppose, selon lui, de dépasser les solutions habituelles, de favoriser les initiatives novatrices et de consentir les investissements nécessaires à la transformation du potentiel naturel du pays en capacités énergétiques concrètes.

Dans son plaidoyer, Donatien Awoessoh insiste également sur la nécessité de réduire la dépendance à l’égard des solutions extérieures, en développant davantage les capacités nationales de production. Une orientation qui, à ses yeux, contribuerait à consolider l’autonomie énergétique du Togo et à mieux répondre aux besoins des populations.
« Le Togo ne manque pas de possibilités. Encore faut-il avoir la volonté de les explorer, de les organiser, de les mettre au service de la population et d’associer les porteurs d’idées novatrices », a-t-il affirmé.
En définitive, son appel porte sur un changement de perspective : faire des ressources naturelles un instrument de résilience énergétique et de développement. Pour l’analyste, le soleil et le vent ne doivent plus être considérés uniquement comme des éléments du paysage, mais aussi comme des pistes à évaluer et à exploiter de manière réfléchie.

L’enjeu, au-delà de la réduction des coupures, est de construire une stratégie énergétique durable, capable de mieux répondre aux besoins des Togolais et de renforcer progressivement l’indépendance énergétique du pays.













