Aamron : « J’ai accepté d’être un sacrifice »

Après un long silence pesant, l’artiste engagé Aamron refait surface, désormais libre, mais marqué par une expérience bouleversante. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le rappeur togolais dévoile les circonstances de son arrestation brutale, ainsi que les motivations profondes de son engagement. Un témoignage saisissant, où se mêlent douleur, lucidité et détermination.

« J’avais accepté d’être un martyr », écrit-il sur sa page TikTok, évoquant sans détour la nuit du 26 mai, lorsqu’il a été interpellé à son domicile par une cinquantaine de soldats. Il relate une opération d’une violence inouïe, conduite sans retenue, avec l’intention manifeste de l’anéantir moralement. L’artiste ne se fait aucune illusion : cette arrestation, il l’avait anticipée. Il s’y était préparé. Et surtout, il l’avait consentie, dans une logique de don total de soi pour éveiller les consciences.
« J’ai accepté d’être un sacrifice. J’espérais que ma disparition pourrait aider un peuple à retrouver sa dignité. »
Aamron insiste : son geste n’est pas né d’un désespoir personnel, mais d’un impératif moral face à une situation qu’il jugeait insupportable. Interné à l’hôpital psychiatrique de Zébé, sans fondement judiciaire, il décrit une épreuve particulièrement douloureuse, à la fois physique, psychique et symbolique. Pour lui, cet enfermement visait moins à le soigner qu’à le réduire au silence, à le délégitimer, à le briser.
Une libération arrachée par la mobilisation citoyenne
Modeste dans ses mots, Aamron refuse de s’ériger en héros. Il rend hommage à la mobilisation populaire, qu’il considère comme le véritable moteur de sa libération. Ni indulgence de l’autorité, ni logique institutionnelle, mais bien la pression constante exercée par les citoyens éveillés, selon lui, a permis de faire céder les verrous.
« Si je suis libre aujourd’hui, c’est parce que VOUS l’avez voulu. Pas moi. VOUS avez décidé de me relever. »
Une voix désormais portée par le peuple
Pour Aamron, ce retour à la liberté marque un tournant. Il ne s’agit pas d’une simple libération personnelle, mais d’un acte collectif qui doit désormais nourrir une dynamique durable de lutte pour la justice. L’artiste affirme ne plus s’appartenir. Son combat, dit-il, est désormais celui de tous ceux qui refusent l’oppression et aspirent à la dignité.
« Ma vie n’est plus à moi. Elle appartient à ceux qui ont refusé de m’oublier. »
À travers ce message émouvant, Aamron révèle non seulement les souffrances endurées au nom de son engagement, mais aussi la puissance transformatrice d’un peuple qui refuse de se taire. Sa voix, désormais indissociable de celle des opprimés, résonne comme un appel à la solidarité, à la justice et à la mémoire collective. Un sacrifice assumé, devenu flambeau d’espérance.













