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Tournoi « Miva Kpoda » de SEA : Gerry Taama y voit une opération de diversion politique

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L’annonce d’Emmanuel Sheyi Adebayor d’organiser « Miva Kpoda », un tournoi de football « petit poteau » doté d’un prix de dix millions de francs CFA suscite de vives réactions. Si pour l’ancien capitaine des Éperviers, l’initiative vise avant tout à mettre en lumière de jeunes talents, certains y voient une manœuvre aux arrière-pensées politiques, compte tenu du contexte actuel du pays.

Parmi les voix discordantes figure celle de Gerry Taama, ancien député du NET et ex-officier de l’armée, qui a vivement réagi dans une publication intitulée « Adebayor et son tournoi à 10 millions, j’accuse ». Tout en rappelant son admiration pour l’ex-footballeur, il a souligné : « Je n’ai jamais critiqué Adebayor. Il nous a tellement fait rêver. Et c’est le Togolais le plus connu à l’international. Il ne s’est jamais intéressé à la politique et c’est ce qu’on attend d’un sportif. La neutralité. »

Cependant, l’ancien parlementaire estime que le choix de la date et les circonstances de l’annonce ne relèvent pas du hasard. « Annoncer l’organisation d’un tournoi doté d’un prix de 10 millions pour la période du 16 au 31 août ne peut pas être neutre. Il annonce l’organisation du tournoi le 14. Ça sent trop la précipitation. Ceci ne peut pas être une coïncidence. Surtout avec l’annonce du concert de King Mensah. Après la photo des artistes exposés. Ça saute aux yeux, l’empire contre-attaque. Mais c’est de bonne guerre. C’est la politique. Chacun joue avec ses armes », a-t-il écrit.

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Plus critique encore, Gerry Taama juge inopportun qu’Adebayor, dont la réussite le met « à l’abri du besoin », s’engage dans une initiative qui, selon lui, ne correspond pas à l’image d’un hommage populaire. « Mais pas Adebayor. Lui est à l’abri du besoin. Lui ne peut pas minou. Pourquoi risquer donc l’opprobre ? C’est forcément un effet d’annonce. L’espace est trop restreint. Ce n’est pas une fête du football. S’il voulait en faire une célébration pour remercier ses supporters comme il le dit, ça se déroulerait soit au stade de Kégué ou au stade municipal. Ça sent la précipitation, l’impréparation. Et ceci m’attriste. Pourquoi ne reste-t-il pas neutre. Dommage », a-t-il regretté.

Dans le même esprit, il a lancé une interpellation directe à l’ancien attaquant du Real Madrid : « Avant de clôturer ce post. J’aimerais simplement demander à Adebayor. Est-ce qu’il imagine ce qu’il serait devenu si Dieu ne lui avait pas donné son immense talent footballistique ? Qu’il regarde ses copains avec qui il traînait quand il était gamin pour nous dire s’il aimerait vivre comme eux. »

Tout en reconnaissant la liberté de l’ex-footballeur dans l’usage de sa fortune, Gerry Taama en appelle à une responsabilité morale : « Je répète encore, il est libre de dépenser son argent comme il veut, mais dans le contexte actuel, si on ne peut pas aider, il ne faut pas déranger. »

Au-delà de cette controverse, le tournoi d’Adebayor soulève ainsi un débat plus profond sur le rôle des figures publiques dans un pays marqué par des tensions sociales et politiques. Entre initiative sportive et soupçons de récupération, la démarche de l’icône du football togolais continue de diviser, révélant une fois de plus combien, dans le climat actuel, aucun geste d’envergure n’échappe à une lecture politique.