header image

Togo : quand la jeunesse s’égare devant les caméras

0
484

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux togolais sont en effervescence. Des vidéos intimes d’influenceurs et de web humoristes connus circulent, suscitant indignation, curiosité malsaine et inquiétude. Ces sextapes, autrefois perçues comme des scandales lointains importés d’ailleurs, deviennent désormais un phénomène local. Un constat amer s’impose : nos modèles de jeunesse, censés inspirer, offrent un spectacle qui choque et interpelle.

Derrière ces images se cache une question : que veulent ces jeunes lorsqu’ils s’exposent ainsi ? Est-ce la recherche d’une gloire éphémère, une provocation face aux normes sociales ou la simple inconscience des conséquences ? Certains se demandent si ces influenceurs ne glissent pas, volontairement ou non, vers une carrière d’acteurs pornographiques. Ce choix, qui relève à première vue de l’intime, devient public et influe sur toute une génération en quête de repères.

Le Togo a longtemps été reconnu dans la sous-région pour la qualité de son système éducatif et la rigueur morale héritée de ses traditions. Mais face à de telles dérives, peut-on encore affirmer que l’éducation joue pleinement son rôle ? Cette exposition obscène, diffusée sans filtre sur les plateformes numériques, met en lumière une crise plus profonde : celle des valeurs. Les adolescents, avides de modèles, risquent de considérer ces actes comme banals, voire enviables.

                                                            Une responsabilité collective

Il serait trop facile de pointer du doigt uniquement les jeunes impliqués. Les parents, les éducateurs, mais aussi les autorités ont une part de responsabilité. La société tout entière doit se demander pourquoi ces comportements se multiplient et pourquoi les réseaux sociaux deviennent le lieu de leur propagation. Cette recrudescence d’images intimes appelle une réaction ferme et coordonnée.

Face à cette dérive, le silence n’est plus une option. Les autorités judiciaires doivent s’autosaisir afin de diligenter une enquête et sanctionner les fautifs. La banalisation de telles pratiques ouvrirait la porte à une dégradation morale généralisée. La loi existe pour protéger non seulement les victimes directes de ces expositions, mais aussi la jeunesse contre les dangers d’une contamination sociale et culturelle.

BAC II 2025 : cinq candidats épinglés pour tricherie au Togo

Au-delà des sanctions, c’est une réflexion nationale qu’il faut engager. Les caméras ne doivent pas être l’outil d’une exhibition vulgaire mais un instrument d’expression créative, éducative et valorisante. Il est temps de rappeler aux jeunes que la dignité, le respect de soi et la protection de l’intimité valent plus que quelques secondes de buzz.

Les sextapes qui circulent ne sont pas de simples faits divers. Elles révèlent un malaise profond, une perte de repères qui menace notre société. Si rien n’est fait, cette hémorragie morale risque d’empoisonner durablement notre avenir collectif. La question est désormais posée : voulons-nous bâtir une nation guidée par la dignité et la responsabilité, ou céder à une dérive où l’intimité se marchande au prix d’une gloire virtuelle éphémère ?