header image

Tanzanie : réélue, Samia Suluhu Hassan appelle au calme

0
153

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a remporté une victoire écrasante à l’élection du 29 octobre, avec plus de 97 % des suffrages, selon les résultats officiels annoncés samedi. Une performance spectaculaire qui, tout en confirmant son pouvoir, suscite des doutes sur la transparence du scrutin.

Lors d’une cérémonie à Dodoma, Hassan a reçu son certificat de victoire des autorités électorales. Elle a salué « la confiance massive du peuple », soulignant que les Tanzaniens avaient choisi de « confier à une femme la direction du pays ». Dans son discours, la cheffe de l’État a appelé à « préserver la paix et l’unité nationale », promettant d’impliquer toutes les forces de sécurité pour éviter les troubles.

Mais cette victoire est loin de faire l’unanimité. Les observateurs dénoncent une élection sans véritable concurrence : les principaux opposants, dont Tundu Lissu du parti Chadema, ont été écartés ou emprisonnés. Luhaga Mpina, autre figure de l’opposition, a même été interdit de candidature. Les manifestations qui ont suivi le vote ont été violemment réprimées. Amnesty International parle de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires, tandis que l’ONU évoque au moins dix morts dans plusieurs villes, dont Dar es Salaam.

L’accès à Internet a été limité durant le scrutin, et les universités ont repoussé leur réouverture en raison des tensions. Samia Suluhu Hassan, au pouvoir depuis 2021 après la mort de John Magufuli, consolide ainsi la domination du Chama Cha Mapinduzi (CCM), au pouvoir depuis l’indépendance du pays.

Malgré les critiques, son parti reste solidement enraciné dans la société tanzanienne. Mais cette victoire écrasante, rare même en Afrique de l’Est, risque d’alimenter les inquiétudes sur la dérive autoritaire du régime.

En prônant l’unité après une victoire quasi totale, Samia Suluhu Hassan cherche à asseoir sa légitimité. Reste à savoir si cet appel au calme suffira à apaiser un pays profondément divisé.