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Révision constitutionnelle au Bénin : voici les changements majeurs

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Le Bénin vient de franchir un tournant politique majeur. Vendredi 14 novembre, les députés ont adopté une nouvelle révision de la Constitution qui modifie en profondeur l’organisation des pouvoirs. Une réforme dense, marquée par l’allongement des mandats et la création d’un Sénat. Les enjeux sont forts et redessinent l’équilibre institutionnel du pays.

Le changement le plus marquant concerne la présidence de la République. Le Chef de l’État exercera désormais un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois. L’article 42 modifié reste strict : nul ne peut effectuer plus de deux mandats au cours de sa vie. Les députés ont également retenu un mandat uniformisé de sept ans pour les parlementaires, les maires et les conseillers communaux. Une volonté d’harmoniser les cycles électoraux et de stabiliser les institutions. Autre mesure importante : un député qui quitte le parti ayant porté sa candidature perd automatiquement son siège. Une disposition destinée à freiner la transhumance politique.

La réforme introduit aussi une innovation institutionnelle majeure : l’instauration d’un régime bicaméral. L’Assemblée nationale devra désormais partager le pouvoir législatif avec un Sénat nouvellement créé. L’article 113.1 précise son rôle : cette chambre haute régule la vie politique et veille à la consolidation de l’unité nationale, de la démocratie, de la paix et du développement. Les lois adoptées par les députés seront désormais transmises simultanément au Président de la République et au Président du Sénat, conformément à l’article 86 modifié.

Cette adoption est intervenue après un vote à bulletin secret, marqué par 90 voix pour et 19 contre. Avant cela, les élus avaient validé la prise en considération du projet avec 87 voix favorables.

Avec quinze articles nouveaux et dix-huit modifiés, la révision de 2025 marque un tournant pour le pays. Le Bénin entre dans une nouvelle phase institutionnelle, guidée par la recherche de stabilité et de cohérence politique.

En installant le Sénat et en allongeant les mandats, le Bénin recompose son architecture politique. Une réforme ambitieuse, présentée comme un moyen de renforcer la stabilité, mais qui ouvre aussi de nouveaux débats sur l’avenir de la gouvernance démocratique.