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Abidjan : Debordo Leekunfa en prison pour diffamation

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La justice ivoirienne a franchi un nouveau cap dans une affaire très suivie. Le Procureur de la République a confirmé, dans un communiqué publié le 13 novembre, le déferrement de l’artiste Patrick Tanguy Sery, connu sous le nom de Debordo Leekunfa. Une procédure pour diffamation vise désormais le chanteur.

Selon le Parquet, cette action découle d’une plainte de l’artiste malien Sidiki Diabaté. Ce dernier estime que des propos publics tenus par Debordo ont porté atteinte à son honneur. Les déclarations incriminées sont liées à la préparation d’un concert organisé en soutien au président Alassane Ouattara. Des mots jugés diffamatoires, lancés dans un climat déjà sensible, ont conduit à la saisie de la justice.

Dans son communiqué, le Procureur insiste sur un point : la liberté d’expression reste garantie. Mais elle impose des limites. Elle ne peut nullement servir de prétexte à des accusations gratuites ou à des attaques personnelles. La justice rappelle que toute personne, même célèbre, répond de ses actes lorsque ses propos portent atteinte à la réputation d’autrui.

Le communiqué précise aussi que les poursuites viseront chaque auteur de propos injurieux, sans distinction de notoriété. « Toute atteinte publique à la dignité ou à la réputation expose son auteur à la rigueur de la loi », a rappelé le Parquet. Le déferrement de Debordo Leekunfa à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), le 12 novembre, illustre cette fermeté.

L’affaire, très commentée sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la responsabilité publique des artistes et influenceurs. Entre liberté de parole et respect de la dignité des personnes, la frontière reste sensible.

Cette procédure envoie un signal clair : la justice ivoirienne entend protéger l’honneur des citoyens, quel que soit leur statut. Les mots ont un poids. Et lorsqu’ils blessent ou diffament, ils engagent pleinement la responsabilité de leur auteur.