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Guinée-Bissau : l’UA et la CEDEAO exhortent la population à rester calme

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La stupeur a remplacé l’espoir en Guinée-Bissau. Trois jours après un scrutin salué pour son calme, un coup d’État militaire a brusquement interrompu le processus électoral. L’Union africaine (UA) et la CEDEAO, qui avaient déployé leurs Missions d’Observation Électorale, tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Dans une déclaration conjointe publiée le 26 novembre, elles font part d’une inquiétude profonde face à cette dérive brutale.

Pourtant, le vote du 23 novembre avait donné une note d’optimisme rare. Les observateurs jugent les élections présidentielle et législatives « ordonnées et pacifiques ». Ils félicitent la discipline des électeurs, la rigueur du personnel électoral et le professionnalisme des forces de sécurité. Dans les premières heures, le pays semblait prêt à franchir une étape démocratique décisive. Les deux principaux candidats s’étaient même engagés publiquement à respecter les résultats.

Mais cette dynamique s’est effondrée. Avant même la proclamation officielle des résultats, l’armée a annoncé la prise du pouvoir. Pour les missions d’observation, il s’agit d’une « tentative flagrante de perturber le processus démocratique », d’autant plus incompréhensible qu’elle survient après un scrutin jugé transparent et bien organisé.

La situation s’est encore tendue avec l’arrestation de plusieurs hauts responsables, parmi eux des acteurs clés du dispositif électoral. L’UA et la CEDEAO exigent leur libération immédiate. Elles appellent les forces armées à permettre la reprise normale du processus et à rétablir l’ordre constitutionnel.

Les organisations régionales exhortent également la population à rester calme, malgré le climat explosif. Elles réaffirment leur détermination à accompagner la Guinée-Bissau dans ce moment critique, convaincues qu’un retour rapide à la légalité constitutionnelle reste possible.

L’appel de l’UA et de la CEDEAO sonne comme un avertissement : la Guinée-Bissau se trouve à un tournant fragile. Seule une reprise du processus électoral et le respect des institutions permettront de restaurer la confiance et d’éviter une crise durable.