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Guinée-Bissau : un général nommé président de la transition militaire

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La capitale bissau-guinéenne s’est réveillée sous tension. Mercredi, l’armée a renversé le président Umaro Sissoco Embalo, suspendu le processus électoral et pris le contrôle des institutions, plongeant une nouvelle fois le pays dans l’incertitude. Trois jours seulement après la présidentielle et les législatives, dont les résultats provisoires étaient attendus jeudi, le pays bascule.

Jeudi matin, le général Horta N’Tam a annoncé sa prise de fonctions à la tête du Haut commandement. « Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement », a-t-il déclaré après avoir prêté serment au siège de l’état-major, placé sous haute sécurité. Des dizaines de soldats armés y ont été déployés.

L’armée a ensuite rouvert les frontières, fermées la veille. « Toutes les frontières sont ouvertes dès maintenant », a indiqué le général Lassana Mansali. Le pays, enclavé entre le Sénégal et la Guinée, retrouve ainsi partiellement une circulation normale.

Mais à Bissau, la vie reste paralysée. Les rues sont désertes, surveillées par des militaires déployés autour du palais présidentiel et dans tout le centre-ville. L’atmosphère rappelle une journée de ville morte.

Face à ce nouveau putsch, la Cédéao a réagi avec fermeté. L’organisation ouest-africaine condamne « sans équivoque » le coup d’État, évoquant une « menace directe pour la stabilité du pays et de la région ». Son président en exercice, Julius Maada Bio, se dit prêt à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour rétablir l’ordre constitutionnel.

Guinée-Bissau : arrêté, Embalo Sissoco accuse son chef d’état-major

La Guinée-Bissau, déjà marquée par quatre coups d’État et de nombreuses tentatives depuis 1974, replonge dans ses démons. Le président Embalo, donné favori au scrutin du 23 novembre, est détenu depuis mercredi. L’opposant Domingos Simões Pereira, leader du PAIGC, a également été arrêté.

L’inquiétude gagne la communauté internationale. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle à « la retenue » et au respect de l’État de droit.

Ce nouveau coup d’État ravive les fragilités d’un pays encore marqué par l’instabilité politique. Entre condamnations internationales, incertitudes politiques et rues silencieuses, la Guinée-Bissau s’enfonce dans une crise dont l’issue reste, pour l’heure, imprévisible.