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Nady Bamba, épouse de Gbagbo brise le silence

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Depuis des années, Nady Bamba vit volontairement dans l’ombre. Elle a choisi la discrétion pour préserver la famille et soutenir Laurent Gbagbo, sans jamais prendre la lumière. Mais ce silence, loin de la protéger, a alimenté des rumeurs persistantes. Certains observateurs l’accusent de jouer un rôle caché ou d’entretenir des liens supposés avec des acteurs du Nord, donnant naissance à un climat de suspicion qui ne cesse de grandir.

Ces spéculations, nourries de fantasmes, ont fini par déformer son histoire personnelle et son parcours. Face à cette multiplication d’attaques, elle a décidé de s’exprimer publiquement afin de dissiper les malentendus et rappeler sa vérité.

« Ceux qui m’attaquent sur ma relation avec mon époux, le Président Laurent Gbagbo, ne savent pas de quoi ils parlent. C’est un homme fidèle qui m’a séduite par sa gentillesse et sa simplicité. Il m’a aussi beaucoup aidée lorsque j’étais journaliste à Africa n°1. Ce furent des moments difficiles que je n’oublierai jamais », a-t-elle fait savoir.

Par ces mots, elle répond directement aux critiques visant leur couple. Elle insiste sur la dimension humaine de leur relation, née bien avant les crises politiques. Le soutien que Gbagbo lui a apporté dans ses années de journaliste démontre, selon elle, la solidité d’une relation ancrée dans le temps et dans la confiance, loin des manipulations qu’on lui prête.

« Notre relation dure depuis près de vingt-sept ans. Notre fils David a dix-neuf ans. C’est par respect pour maman Simone que j’ai fait le choix de rester dans l’ombre pendant tout ce temps. Mais l’épreuve de la CPI qu’il a traversée m’a obligée à prendre mes responsabilités et à sortir de l’ombre pour lui apporter du réconfort », a-t-elle expliqué.

Cette mise au point éclaire les raisons de sa longue discrétion. Nady Bamba revendique un choix moral et familial, fondé sur le respect et non sur la peur ou la stratégie. Elle affirme que c’est l’incarcération de Gbagbo qui l’a poussée à s’exposer davantage, par devoir et par solidarité dans une période de détresse.

« Aujourd’hui, certains me découvrent et s’imaginent que je suis apparue comme par magie dans sa vie. J’ai fait le serment devant mes parents de toujours lui être soumise tant qu’il le souhaitera. Je rappelle que, dans notre culture du Nord, nos génitrices nous apprennent dès l’adolescence à honorer nos futurs époux, quelles que soient les crises familiales », a-t-elle souligné.

Ici, elle invoque l’héritage culturel qui a guidé sa réserve. Elle insiste sur des valeurs profondément ancrées — respect, loyauté, humilité — transmises par les femmes de sa communauté. À travers ce rappel, elle conteste l’idée selon laquelle elle serait une présence soudaine ou intéressée, affirmant au contraire une continuité culturelle et personnelle.

« Je terminerai en souhaitant que les gens respectent notre intimité. Le combat politique du Président Laurent Gbagbo doit être le centre d’intérêt du peuple ivoirien, pas sa vie privée », a-t-elle indiqué.

Par cette sortie ferme, elle appelle à séparer la vie politique de la vie personnelle. Pour elle, la priorité doit rester les enjeux nationaux et non les spéculations autour du couple. Elle plaide pour un retour au débat d’idées, dans un climat apaisé et respectueux.