header image

CEDEAO : « On a laissé tripatouiller les constitutions sans rien dire », déplore Jean Degli

0
330

La région ouest-africaine traverse une crise profonde, et Jean Yaovi Degli n’y va pas par quatre chemins. Invité de l’émission D12 sur Pyramide FM, dimanche 14 décembre 2025, l’avocat togolais a livré une analyse claire et critique de la tentative de coup d’État au Bénin, des insuffisances de la CEDEAO et du rôle du panafricanisme à Lomé.

Pour lui, la CEDEAO a perdu en crédibilité. « On a laissé tripatouiller les constitutions sans rien dire », a-t-il dénoncé, rappelant que cette inertie a favorisé le retrait de certains États aujourd’hui regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel. Selon Jean Yaovi Degli, l’organisation traverse « une crise profonde liée à ses propres insuffisances ».

Abordant la tentative de putsch au Bénin, il a expliqué qu’aucune information fiable ne permet de localiser le lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté comme l’un des cerveaux de l’opération. « Lorsqu’on organise un coup d’État, on a toujours un plan A, un plan B, un plan C… en cas d’échec, on utilise le plan B et on se terre quelque part », a-t-il précisé. Les rumeurs sur une présence au Togo ou ailleurs restent de la spéculation.

Sur la question de l’extradition, l’avocat a rappelé : « Les extraditions en matière politique ne sont pas acceptées », soulignant qu’Interpol « ne traque pas des gens sur la base de motifs politiques ». Une tentative de coup d’État reste donc avant tout un acte politique, sauf lorsqu’elle s’accompagne de crimes graves ou de pertes en vies humaines.

Concernant la sécurité régionale, Jean Yaovi Degli a rappelé qu’« un État ne peut intervenir chez un voisin sans y être invité ». Dans le cas béninois, c’est le Nigeria qui aurait été sollicité par le Bénin dans le cadre de la force en attente de la CEDEAO.

Enfin, sur le 9ᵉ Congrès panafricain à Lomé, il a relativisé les polémiques : « Le panafricanisme ne se résume pas à une personne » et affirme que ce courant « signifie aujourd’hui plus qu’hier », porté par une prise de conscience croissante, notamment de la jeunesse africaine.

Pour Jean Yaovi Degli, la stabilité et le progrès régional passent par une CEDEAO crédible, le respect du droit et une responsabilité collective. Le panafricanisme, loin des polémiques, reste un levier clé pour l’avenir de l’Afrique.

Avec Nouvelle République