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Après la grâce présidentielle, la SMPDD trace la voie de l’autonomie pour les anciens détenus

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À la faveur de la grâce présidentielle ayant permis à plus de mille cinq cents détenus de recouvrer la liberté, un nouveau chapitre s’ouvre pour ces hommes et ces femmes appelés à renouer avec la vie sociale. Si l’acte de clémence, décidé par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a été salué pour sa portée humanitaire et symbolique, il n’en demeure pas moins que le véritable défi commence après la sortie des établissements pénitentiaires : celui de la réinsertion professionnelle et de l’autonomie économique. Sur ce terrain sensible, la Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenues (SMPDD) s’impose comme un acteur de premier plan.

À Lomé, la mise en œuvre effective de la mesure de grâce s’est déroulée sous la supervision du directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, Idrissou Akibou, entouré de responsables judiciaires et pénitentiaires. Mais au-delà du protocole institutionnel, l’attention s’est particulièrement portée sur la présence et l’engagement du président de la SMPDD, Coco de Koffi Woenagnon, dont l’action s’inscrit dans une logique d’accompagnement durable des ex-détenus.

S’adressant aux bénéficiaires de la grâce, le directeur de l’administration pénitentiaire a rappelé la portée de cette seconde chance, les invitant à inscrire leur liberté retrouvée dans une dynamique de responsabilité et de reconstruction personnelle. « Prenez la vie du bon côté, car il y a une vie après la prison », a-t-il indiqué, soulignant que l’avenir des anciens détenus dépendra largement de leur capacité à s’insérer socialement et professionnellement.

C’est précisément cette étape cruciale que la SMPDD entend consolider. Forte d’une connaissance fine du milieu carcéral et des réalités post-carcérales, l’association a engagé un vaste travail de terrain en amont de la libération des détenus graciés. « Nous avons travaillé dans les quatorze prisons du pays et recensé 535 personnes, dont 250 à Lomé, qui bénéficieront de notre appui pour leur réinsertion professionnelle ou la mise en place d’activités génératrices de revenus », a déclaré le responsable de la SMPDD, mettant en lumière une approche structurée et inclusive.

À travers cet accompagnement, la SMPDD ambitionne de transformer la liberté retrouvée en véritable levier d’autonomie. Formation professionnelle, appui à l’auto-emploi, orientation vers des activités génératrices de revenus : autant de mécanismes destinés à prévenir la récidive et à redonner une place digne aux anciens détenus dans le tissu socio-économique.

Dans un message empreint de lucidité et d’espérance, Coco de Koffi Woenagnon n’a pas occulté les difficultés inhérentes au retour à la vie civile. « Dehors, c’est difficile, mais la prison n’est pas mieux. Il faut croire en soi et accepter de se battre honnêtement pour réussir », a-t-il déclaré, appelant les bénéficiaires de la grâce à faire preuve de persévérance et de courage.

Ancien pensionnaire de la prison civile de Lomé, devenu aujourd’hui un acteur engagé du développement social, le président de la SMPDD incarne à lui seul la possibilité d’une renaissance après l’épreuve carcérale. Son parcours personnel confère une crédibilité particulière à son discours et renforce la portée des actions menées par l’association en faveur des détenus libérés.

Au-delà de l’émotion suscitée par la grâce présidentielle, la question de la réinsertion demeure ainsi au cœur des préoccupations. En s’investissant résolument dans l’accompagnement professionnel des anciens détenus, la SMPDD contribue à faire de la prison non plus une impasse sociale, mais une étape transitoire vers une réintégration réussie. Une démarche qui conforte l’idée que la justice, pour être pleinement humaine, doit aussi offrir des perspectives d’avenir.