
Sadio Mané
La finale de la CAN Maroc 2025 aurait pu s’achever dans la confusion et l’amertume. Elle restera finalement comme l’un des moments les plus tendus et les plus riches en enseignements de l’histoire du football africain. Ce dimanche 18 janvier 2026, le Sénégal s’est retrouvé au bord du forfait, pris dans un tourbillon de décisions arbitrales contestées, de colère assumée et de sang-froid salvateur.
À la 90e+8 minutes, l’arbitre accorde un penalty au Maroc pour une faute sur Brahim Diaz, quelques instants après avoir refusé un but sénégalais. La réaction est immédiate. Pape Thiaw, sélectionneur des Lions de la Teranga, ordonne à ses joueurs de quitter la pelouse. Un geste jugé excessif par certains observateurs, qui y ont vu une faute de leadership dans un moment critique. D’autres, en revanche, estiment que cette réaction, aussi radicale soit-elle, a permis de marquer une rupture nette face à ce qui était perçu comme une injustice flagrante.
Pour ces derniers, la contestation faisait partie du combat. « On guérit le mal par le mal », disent-ils, convaincus qu’il fallait opposer un refus clair à une décision vécue comme inéquitable. Le stade retient alors son souffle. La finale menace de basculer dans un scénario chaotique, aux conséquences sportives et diplomatiques incalculables.
C’est dans ce contexte que Sadio Mané impose une autre lecture de la situation. Resté seul sur la pelouse, le capitaine sénégalais choisit la voie de la responsabilité. Il consulte Claude Le Roy, présent en tribune. « Quand j’ai vu Claude, je me suis dit que c’était la personne idéale à demander. Je lui ai dit : qu’est-ce que tu en penses, c’est quoi le meilleur choix ? Il m’a répondu : non, il faut rester, il faut jouer. » El Hadji Diouf lui délivre le même message.
Mané retourne alors aux vestiaires et convainc ses coéquipiers. « Je suis allé voir tout le monde et j’ai dit : les gars, on s’en bat les couilles de ce qui va arriver maintenant, il faut assumer. Qu’il (Brahim Diaz) marque le penalty ou pas, on va jouer. »
Le penalty est manqué. Le Sénégal survit. En prolongation, Pape Gueye offre la victoire et un deuxième titre continental consécutif aux Lions.
Au-delà du sacre, cette finale pose une question centrale : jusqu’où faut-il aller pour dénoncer l’injustice ? Entre la colère du sélectionneur et le sang-froid du capitaine, le Sénégal a trouvé son équilibre. Et transformé une crise majeure en triomphe historique.













