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Héritage de Mandela : la justice privilégie le droit des héritiers

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La justice sud-africaine a tranché. La Cour suprême d’appel a rejeté la demande de l’Agence sud-africaine des ressources patrimoniales (SAHRA) visant à bloquer la vente et l’exportation d’objets ayant appartenu à Nelson Mandela. Une décision qui relance le débat sur la préservation de l’héritage de l’icône de la lutte anti-apartheid.

Au cœur de l’affaire, près de 70 objets personnels. Ils devaient être exportés vers les États-Unis pour être mis aux enchères. La SAHRA estimait que ces biens relevaient du patrimoine national et ne pouvaient ni être vendus ni quitter le pays. Mais le tribunal n’a pas suivi cette interprétation.

Les juges ont considéré que l’agence n’avait pas de base juridique solide pour empêcher la vente. Selon la cour, la SAHRA a appliqué la loi sur le patrimoine de manière trop large. Elle n’a pas démontré clairement pourquoi ces objets devaient être classés comme biens patrimoniaux protégés, alors que les propriétaires ont, eux, présenté des arguments détaillés pour justifier le contraire.

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Parmi les objets concernés figurent une clé de cellule de Robben Island, où Nelson Mandela a passé 18 ans en détention. S’y ajoutent une paire de lunettes de soleil, une chemise à fleurs, une raquette de tennis utilisée en prison, ainsi qu’un exemplaire signé de la Constitution sud-africaine de 1996. Des dessins, des documents d’identité et des cadeaux offerts par des dirigeants internationaux, dont Barack Obama et son épouse Michelle, font aussi partie du lot.

Ces biens appartiennent à Makaziwe Mandela, la fille aînée de l’ancien président, et à Christo Brand, ancien gardien de prison devenu proche de Mandela. Makaziwe Mandela a salué la décision de justice, soulignant que l’agence avait supposé, à tort, mieux connaître les volontés de son père que sa propre famille. Elle a rappelé l’engagement familial à préserver son héritage.

Aucune décision définitive n’a toutefois été prise sur la vente. Les fonds devaient initialement financer un jardin commémoratif sur la tombe de Mandela à Qunu, dans le Cap-Oriental.

Cette décision judiciaire marque un tournant. Elle pose une question sensible : comment concilier mémoire nationale et droits des héritiers, lorsqu’il s’agit de l’héritage d’une figure historique comme Nelson Mandela.