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Toumba Diakité exfiltré dans la nuit : le parquet s’explique

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Ce mardi, la prison centrale de Conakry a été le théâtre d’une scène violente qui a conduit à l’exfiltration d’Aboubakar Diakité, dit Toumba. Face aux réactions suscitées par l’événement, le parquet général près de la Cour d’appel de Conakry est rapidement monté au créneau pour donner sa version des faits.

Selon un communiqué officiel, l’incident trouve son origine dans une opération de contrôle et de fouille inopinée menée au sein de la Maison centrale. Une action présentée comme encadrée et ciblée. Elle a permis, selon le parquet, de mettre la main sur plusieurs objets interdits. « Cette opération sous contrôle a permis de découvrir et de saisir plusieurs objets prohibés, notamment des téléphones portables, des substances psychotropes et des armes blanches (ciseaux, couteaux, fourchettes…) en possession de certains détenus », a indiqué le procureur général.

Mais la situation se serait rapidement tendue. Toujours selon le communiqué, Toumba Diakité aurait opposé une résistance ouverte aux agents. Le détenu, précise le parquet, « a fait preuve d’une attitude agressive en refusant de se soumettre à la fouille, tout en proférant des menaces à l’encontre des agents de sécurité ».

Face à ce climat jugé préoccupant, l’administration pénitentiaire a décidé d’agir. Une mesure exceptionnelle a alors été prise. Le transfert du détenu vers un autre établissement. « Transférer Monsieur Aboubacar Diakité ce mardi 10 février 2026 à la Maison centrale de Coyah », précise le communiqué. Une décision qui, selon le procureur, « vise à préserver l’ordre public et à garantir la sécurité tant des autres détenus que du personnel pénitentiaire ».

Guinée : tirs nourris lors de l’enlèvement de Toumba Diakité en prison

Toumba Diakité est incarcéré depuis 2016. Arrêté à Dakar, il purge une peine de dix ans de prison ferme pour son rôle dans les événements du 28 septembre 2009, sous le régime de Dadis Camara, dont il était l’aide de camp. Sa libération est attendue dans les prochains mois.

Dans ce dossier emblématique, plusieurs autres figures ont été lourdement condamnées. Moussa Dadis Camara et Moussa Tiegboro Camara écopent de vingt ans de prison. Marcel Guilavogui est condamné à dix-huit ans. Blaise Goumou à quinze ans. Mamadou Aliou Keita à onze ans. Paul Mansa Guilavogui à dix ans. Tous ont été reconnus coupables de faits qualifiés de « crimes contre l’humanité par meurtres, assassinats, torture, séquestration, viols et responsabilité de supérieur hiérarchique ».

Avec ces précisions, le parquet tente de désamorcer la polémique. Et de rappeler que l’exfiltration de Toumba Diakité s’inscrit, selon lui, dans une logique de sécurité et de maintien de l’ordre en milieu carcéral. Un dossier sensible, toujours sous haute surveillance.