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Football : Patrice Neveu, nouveau sélectionneur des Éperviers

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Le voile est levé. Après des semaines de spéculations et d’attente fébrile, la Fédération Togolaise de Football a officialisé, ce jeudi, la nomination de Patrice Neveu à la tête des Éperviers. Le technicien français succède à Nibombé Daré et hérite d’une sélection en quête de renaissance.

Âgé de 71 ans, détenteur de la prestigieuse licence UEFA Pro, Patrice Neveu n’est pas un novice sur le continent africain. Son itinéraire l’a conduit du Maroc à la Tunisie, en passant par le Niger où il a occupé des fonctions techniques stratégiques. Il a dirigé la Guinée de 2004 à 2007, puis la RD Congo de 2008 à 2010. En Mauritanie, il a marqué les esprits en qualifiant l’équipe locale pour le CHAN. Plus récemment, il a été sélectionneur du Gabon entre 2019 et 2023. Une trajectoire dense. Une expérience éprouvée.

Choisi au détriment d’Hubert Velud et d’Olivier Guégan, Neveu arrive dans un contexte délicat. Le football togolais traverse une décennie d’errance. Les Éperviers ont manqué les quatre dernières éditions de la CAN, malgré l’élargissement à 24 nations. Une absence prolongée qui contraste avec le souvenir encore vif du Mondial 2006.

La mission est immense. Il faudra restaurer la compétitivité. Rebâtir une identité de jeu. Réconcilier une nation passionnée avec sa sélection.

Mais au-delà des considérations tactiques, une interrogation persiste. Patrice Neveu pourra-t-il impulser un véritable redressement si les infrastructures demeurent insuffisantes ? Peut-on bâtir une ambition continentale sur des fondations fragiles ? Le championnat national, souvent décrié pour son manque de compétitivité, peine à servir de vivier solide.

Le défi dépasse donc la seule dimension technique. Il appelle une réforme structurelle et une vision à long terme. L’expérience du nouveau sélectionneur constitue un atout indéniable. Toutefois, sans investissements conséquents et sans revitalisation du football local, la renaissance espérée pourrait rester un mirage. Les Éperviers entament un nouveau cycle. Reste à savoir s’il sera celui de la résilience ou d’une énième désillusion.