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Kémi Séba à Romuald Wadagni : “Vos actes contredisent vos paroles”

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Dans un climat politique marqué par des débats croissants sur la souveraineté et l’orientation économique des États ouest-africains, l’activiste panafricaniste Kémi Séba a vivement réagi aux déclarations du candidat de la mouvance présidentielle béninoise Romuald Wadagni. Dans une sortie au ton offensif, le militant a dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre les discours et les actes du responsable politique, notamment sur les questions de paix régionale et de lutte contre la pauvreté.

S’adressant directement au ministre béninois de l’Économie et des Finances, Kémi Séba met en doute la sincérité des propos appelant à l’apaisement avec l’Alliance des États du Sahel. « Romuald Wadagni parle de paix avec l’AES. Mais de quelle paix parle-t-on, lorsque dans le même temps, vous renforcez votre collaboration avec l’Élysée et les forces militaires françaises, lesquelles œuvrent ouvertement à renverser votre voisin, le président du Niger Abdourahamane Tiani, pour réinstaller leur protégé, Mohamed Bazoum ? », a-t-il lancé.

Dans cette charge, l’activiste estime que les discours diplomatiques ne sauraient suffire à convaincre. « La paix ne se proclame pas. Elle se prouve. Et les actes contredisent vos paroles », a-t-il martelé, appelant à une cohérence entre les déclarations publiques et les orientations stratégiques des États.

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Kémi Séba s’est également attaqué au bilan économique présenté par Romuald Wadagni, qui promet de s’attaquer à la pauvreté au Bénin. Pour le militant panafricaniste, cette promesse manque de crédibilité. « Romuald Wadagni promet également de lutter contre la pauvreté au Bénin. Mais comment croire en cette promesse, lorsque celui qui la formule est, depuis dix ans, le chef d’orchestre du système économique qui a creusé les inégalités ? », a-t-il déclaré.

L’activiste met notamment en doute la portée sociale des performances macroéconomiques souvent mises en avant par les autorités. « Une croissance de 7 %, nous dit-on. Mais une croissance pour qui ? Pour une minorité qui s’enrichit, pendant que la majorité du peuple béninois s’enfonce, année après année, dans une précarité toujours plus brutale », a poursuivi Kémi Séba.

Au-delà de la critique politique, le leader de l’ONG Urgences Panafricanistes remet en cause le modèle économique dominant, qu’il qualifie de source structurelle des inégalités. « Peut-on sérieusement prétendre combattre la pauvreté en s’appuyant sur l’idéologie même qui la produit ? Le néolibéralisme n’est pas une solution : c’est le problème », a-t-il affirmé, citant les analyses de l’économiste égyptien Samir Amin sur la concentration des richesses.

Et de conclure par une formule qui résume l’esprit de sa critique : « On ne combat pas le feu avec de l’essence. »

Cette sortie musclée relance ainsi le débat sur les choix économiques et géopolitiques dans la sous-région, à l’heure où la question de la souveraineté et des modèles de développement occupe une place centrale dans les discussions politiques ouest-africaines.

Pour rappel, cette réaction de Kémi Séba a été formulée dans une publication relayée sur sa page Facebook, où l’activiste panafricaniste a choisi d’exposer publiquement ses réserves face aux déclarations de Romuald Wadagni lors de la présentation de son projet de société.