
La musique africaine pleure aujourd’hui l’un de ses grands bâtisseurs. Boncana Maïga, figure emblématique de la salsa africaine, s’est éteint à l’âge de 77 ans, laissant derrière lui un héritage musical indélébile. À cette annonce, l’artiste togolaise Afia Mala a exprimé toute sa peine et son émotion à travers un hommage poignant.
« À l’annonce de ton départ, il m’a fallu du temps… du temps pour que le cœur accepte ce que l’esprit refusait », confie-t-elle, traduisant le choc et la douleur d’une perte qui résonne bien au-delà des frontières du Mali. Pour Afia Mala, Boncana Maïga n’était pas seulement un musicien, mais un mentor et un compagnon de route : « Cher Boncana, maestro de la salsa africaine, grand frère, compagnon de route… Tu nous as quittés, laissant un silence immense ».
Le lien qui unissait les deux artistes remonte à 1987, lors de la performance mémorable de Boncana Maïga à Abidjan sur Es la Mañana. « Depuis 1987, lorsque tu as sublimé Es la Mañana à Abidjan, notre complicité est née. Je me suis rappelé combien tu me poussais toujours à aller au-delà de mes limites, à chercher plus loin, plus haut, plus vrai », écrit Afia Mala, soulignant l’impact durable du maître sur sa carrière et sur la musique africaine contemporaine.
Elle se souvient également des échanges et des projets partagés, interrompus brutalement par la vie. « Nous parlions encore de projets, de rêves, de ponts à bâtir entre les peuples. Tu devais venir à Lomé. Je devais aller à Bamako. La vie en a décidé autrement », a-t-elle écrit.
Pour Afia Mala, Boncana Maïga n’était pas seulement un arrangeur. « Tes arrangements n’étaient pas seulement de la musique, c’était une rencontre d’âmes, une vision partagée : faire dialoguer les cultures et rappeler que la musique ne connaît pas de frontières. Tu étais plus qu’un arrangeur. Tu étais un passeur, un bâtisseur de ponts invisibles », a-t-elle fait savoir.
Malgré la disparition physique du maestro, son œuvre continue de vivre et d’inspirer de nouvelles générations. « Ta musique ne s’éteindra pas. Elle continue de vivre en nous. REST IN POWER, Maestro. Notre lien demeure au-delà du temps », conclut l’artiste togolaise.













