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Afrique du Sud : une mère condamnée après la vente de sa fille de 6 ans à un guérisseur

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Deux ans que la petite Joshlin Smith a disparu de Saldanha Bay, une ville de pêcheurs au bord de l’Atlantique, à 135 kilomètres au nord du Cap. Deux ans que ses grands-mères la cherchent encore. Deux ans que l’Afrique du Sud n’a pas oublié son visage, ses yeux verts, ses couettes brunes et son grand sourire.

Deux années se sont écoulées, mais l’ombre de Joshlin Smith continue de planer sur l’opinion publique. Dans les mémoires sud-africaines, le visage de cette fillette aux yeux verts, aux couettes brunes et au sourire lumineux demeure gravé comme le symbole d’une disparition qui refuse de s’effacer. À Saldanha Bay, paisible ville de pêcheurs située à environ 135 kilomètres de Cape Town, l’absence de l’enfant résonne encore comme une blessure ouverte.

En février 2024, la petite fille de six ans disparaît mystérieusement. L’alerte est immédiatement donnée par sa mère, Racquel Smith, surnommée « Kelly », qui participe elle-même aux battues organisées dans la région. Très vite, l’affaire prend une dimension nationale : affiches placardées, appels à témoins diffusés dans tout le pays et mobilisation massive des forces de l’ordre. Pendant des semaines, l’Afrique du Sud vit au rythme d’une angoisse collective, espérant le dénouement heureux d’une disparition qui bouleverse l’opinion.

Mais l’enquête va progressivement révéler un scénario glaçant. Les investigations de la police suggèrent que la mère de l’enfant, en complicité avec son compagnon Jacquen Appollis et un proche nommé Steveno Dumaizio van Rhyn, aurait vendu la fillette à un guérisseur traditionnel. Le montant évoqué par les enquêteurs était 20 000 rands, soit environ 950 euros, choque profondément l’opinion. Selon les éléments présentés devant la justice, le prétendu acheteur aurait été attiré par les caractéristiques physiques de l’enfant, notamment ses yeux clairs et son teint métissé.

L’affaire prend alors une dimension judiciaire majeure. En mars 2025, le procès s’ouvre sous les regards attentifs du pays entier. Durant plusieurs semaines, trente-cinq témoins se succèdent à la barre, exposant les détails troublants de cette affaire. Le juge Nathan Erasmus écoute les témoignages, examine les preuves et, en mai 2025, rend un verdict sans équivoque : les trois accusés sont reconnus coupables de traite d’êtres humains et d’enlèvement.

La sentence tombe rapidement : la prison à perpétuité.

À l’annonce du jugement, l’émotion explose. À l’intérieur du tribunal comme à l’extérieur du palais de justice de Vredenburg, cris et larmes traduisent la colère d’une population bouleversée. Certains manifestants, incapables de contenir leur indignation, lancent des pierres contre les bâtiments. Ce déferlement d’émotions illustre l’ampleur du traumatisme collectif : ce procès dépasse le cadre d’une simple affaire criminelle, il devient le symbole d’une injustice insupportable.

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Pourtant, malgré les condamnations, le mystère demeure entier. La fillette reste introuvable. Ni vivante, ni morte. En janvier 2026, le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, affirme disposer d’informations crédibles concernant l’endroit où l’enfant pourrait se trouver, sans toutefois révéler de détails. Les autorités policières de la province du Western Cape démentent parallèlement les rumeurs évoquant la découverte de son corps.

L’enquête se poursuit donc, portée par l’espoir tenace de la famille paternelle. La grand-mère de Joshlin confie régulièrement aux médias qu’elle croit toujours à un miracle, refusant de renoncer à l’idée de retrouver l’enfant.

Au-delà du drame familial, l’affaire a ravivé un débat sensible en Afrique du Sud : celui du trafic d’enfants à des fins rituelles, parfois associé à certains guérisseurs traditionnels agissant en marge des pratiques culturelles reconnues. Plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant réclament désormais un renforcement des lois, des peines plus sévères et davantage de moyens pour démanteler les réseaux de traite.

Aujourd’hui encore, le nom de Joshlin Smith demeure synonyme d’une défaillance collective. Une mère censée protéger son enfant. Un système judiciaire capable de condamner les coupables, mais impuissant à retrouver la victime. Une société entière suspendue à une réponse qui tarde à venir.

Si elle était toujours en vie, Joshlin Smith aurait aujourd’hui huit ans. Et pour l’Afrique du Sud, son absence reste une question sans réponse — et une douleur impossible à refermer.