
L’Algérie pleure l’un de ses anciens dirigeants. L’ancien président Liamine Zeroual est décédé samedi 28 mars à Alger à l’âge de 84 ans. Hospitalisé à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache, il s’est éteint des suites d’une longue maladie. Figure marquante de la vie politique algérienne, il avait dirigé le pays durant l’une des périodes les plus tourmentées de son histoire récente.
En réaction à cette disparition, la présidence de la République a décrété trois jours de deuil national. Les drapeaux ont été mis en berne sur l’ensemble du territoire ainsi que dans les représentations diplomatiques de l’Algérie à l’étranger. Depuis dimanche, de nombreux citoyens, responsables politiques et anciens compagnons d’armes se rendent au Palais du Peuple à Alger pour se recueillir devant la dépouille de l’ancien chef de l’État.
Militaire de carrière et ancien moudjahid, Liamine Zeroual aura profondément marqué l’histoire contemporaine du pays. Né le 3 juillet 1941 à Batna, il rejoint très jeune les rangs de l’Armée de libération nationale à seulement 16 ans. Après l’indépendance de Algérie, il poursuit sa formation militaire à l’étranger, notamment en Égypte, en Union soviétique et en France, avant de gravir progressivement les échelons de l’Armée nationale populaire.
En janvier 1994, en pleine “décennie noire”, il est appelé à diriger l’État. Le pays est alors plongé dans une guerre civile opposant les forces de sécurité aux groupes islamistes armés. Un an plus tard, en 1995, il est élu président lors du premier scrutin pluraliste organisé dans ce contexte extrêmement tendu.
Son mandat s’inscrit dans une période de violences intenses ayant causé des dizaines de milliers de victimes. Face à cette crise profonde, Zeroual tente de maintenir un équilibre délicat entre la lutte sécuritaire contre l’insurrection et une ouverture politique susceptible d’amorcer une sortie de crise. Dans le même temps, son gouvernement engage plusieurs réformes économiques sous pression internationale, dans un climat social particulièrement fragile.
Éprouvé par ces multiples défis, il annonce en 1998 son retrait anticipé de la vie politique, ouvrant ainsi la voie à l’élection de Abdelaziz Bouteflika en avril 1999. Après son départ du pouvoir, l’ancien chef de l’État choisit une retraite discrète, se tenant volontairement à l’écart de la vie publique.
L’inhumation de Liamine Zeroual est prévue à Batna, sa ville natale. Avec sa disparition, l’Algérie perd un dirigeant qui aura assumé la charge du pouvoir dans une période d’extrême turbulence. Son parcours, du combat pour l’indépendance aux plus hautes fonctions de l’État, restera inscrit dans la mémoire politique du pays.













