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Ayimolou Festival : la deuxième édition officiellement lancée

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La deuxième édition du Ayimolou Festival, initiée par l’association NADDAF avec le soutien de la commune du Golfe 2, a été officiellement lancée ce 3 avril 2026 à Lomé.

L’événement se déroule du 3 au 8 avril sur l’esplanade du CETEF Togo 2000, autour d’un objectif clair : valoriser le mets traditionnel togolais à base de riz et de haricots, tout en promouvant la consommation locale et le savoir-faire des restauratrices.

Pour la commune du Golfe 2, engagée dans ce projet depuis deux ans, ce festival représente une véritable fierté. Il s’inscrit dans la dynamique des politiques nationales visant à promouvoir la culture togolaise, en particulier la richesse culinaire du pays. « Nous voulons inscrire l’un de nos plats dans le patrimoine gastronomique mondial. À l’image de l’attiéké ou du thiéboudiène, nous pensons que l’Ayimolou peut porter haut les couleurs du Togo », a expliqué le maire Eric Kpade.

Au-delà de l’aspect festif, le festival se veut un cadre de transformation du secteur. Il ambitionne de professionnaliser la filière, souvent considérée comme informelle, afin d’en faire un véritable levier économique. Plusieurs activités sont au programme, notamment la vente d’Ayimolou, des concours, des concerts, ainsi que des sessions de formation à l’endroit des restauratrices.

Pour Bernard Bokodjin, promoteur du festival, l’ambition est avant tout de positionner l’Ayimolou sur la scène internationale. « Nous voulons que partout dans le monde, ce plat soit identifié comme une spécialité togolaise. Mais aussi que celles et ceux qui le préparent prennent conscience de leur rôle économique. Ce sont de véritables chefs d’entreprise », a-t-il souligné. Il insiste également sur la nécessité de revaloriser ce patrimoine culinaire transmis de génération en génération et de changer le regard porté sur ses acteurs.

Le thème retenu pour cette édition, « les entrepreneurs du secteur de l’Ayimolou face aux défis de l’utilisation du riz local », met en lumière une problématique majeure. Malgré la disponibilité du riz produit au Togo, de nombreux restaurateurs continuent d’utiliser du riz importé. Le festival entend donc sensibiliser aussi bien les restauratrices que les consommateurs à l’importance du consommer local.

« L’utilisation du riz local représente une plus-value considérable. Elle permet de soutenir les producteurs nationaux et de renforcer notre économie », a ajouté le promoteur, qui voit en cela l’un des principaux défis de cette édition. À terme, l’ambition est même d’inscrire l’Ayimolou au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Dans cette perspective, plusieurs institutions prennent part aux réflexions, notamment l’Université de Lomé, à travers ses départements de sociologie, d’histoire et la FASEG, ainsi que les ministères en charge de l’Agriculture, du Commerce, du Tourisme et du Développement local. Des experts du ministère de l’Agriculture et de l’ITRA interviendront également sur les enjeux liés à la production du riz local, tandis que le ministère de la Santé abordera les aspects nutritionnels du plat.

Cette deuxième édition se distingue par des innovations majeures. Le festival passe de quatre à six jours, le nombre d’exposants évolue de douze à seize, et les organisateurs ambitionnent d’accueillir près de 50 000 festivaliers contre plus de 15 000 l’année précédente. Parmi les nouveautés figure un stand 100 % local, où tous les produits utilisés seront exclusivement togolais.

Le renforcement des capacités des acteurs constitue également un axe central, avec des formations sur la gestion des ressources humaines, la structuration des activités et les normes d’hygiène alimentaire. L’objectif est d’accompagner les restaurateurs vers une meilleure organisation et une montée en qualité de leurs prestations.

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Enfin, le Ayimolou Festival se veut un grand rendez-vous culturel et intergénérationnel. Des artistes de différentes époques de la musique togolaise sont annoncés, dont la légende Agboti Yawo Mawuena.

Des espaces de jeux pour enfants, des animations et le concours du meilleur mangeur d’Ayimolou viendront compléter ce programme riche et varié.

Les organisateurs à travers cette initiative entendent faire du Ayimolou un véritable symbole national, capable de rayonner au-delà des frontières et de contribuer au développement économique et culturel du Togo.

Avec Le Visionnaire