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Bénin : Après le coup d’État avorté, l’opposant Candide Azannaï arrêté

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La tension politique ne retombe pas au Bénin. Cinq jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre à Cotonou, une figure majeure de l’opposition a été interpellée. Vendredi 12 décembre, l’ancien ministre délégué à la Défense, Candide Azannaï, a été conduit à la police judiciaire. Une arrestation qui suscite interrogations et inquiétudes.

Selon des sources proches de son entourage, Candide Azannaï a été interpellé en fin de matinée alors qu’il se rendait au siège de son parti, « Restaurer l’Espoir ». Son véhicule aurait été encerclé par des éléments des forces de sécurité. Sans résistance, il aurait accepté de suivre les agents. Il a ensuite été conduit à la direction de la police judiciaire, où il est retenu depuis plusieurs heures.

Très vite, l’information s’est propagée. Des militants et sympathisants ont suivi le convoi. Dans son camp, la confusion domine. Certains proches évoquent un enlèvement. D’autres parlent d’une garde à vue dont les contours restent flous. À ce stade, les autorités n’ont communiqué aucun motif officiel. « Il est retenu », confie une source proche du dossier, sans plus de précisions.

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Cette interpellation intervient dans un contexte particulièrement sensible. Le gouvernement béninois a annoncé l’ouverture d’enquêtes pour identifier les auteurs et les commanditaires de la tentative de coup d’État du 7 décembre. Le président Patrice Talon avait alors promis une réponse ferme, affirmant que cette « forfaiture ne restera pas impunie ».

Candide Azannaï n’est pas un inconnu de la scène politique. Ancien allié du chef de l’État, il avait quitté le gouvernement avant de devenir l’un de ses opposants les plus déterminés. Depuis sa démission, il s’est illustré par des prises de position tranchées et des critiques sévères à l’encontre du pouvoir. Ses interventions publiques, souvent virulentes, visaient la gouvernance démocratique et la gestion économique du pays.

Pour autant, son parti s’est clairement désolidarisé de toute tentative de prise de pouvoir par la force. Dans une déclaration officielle, Restaurer l’Espoir a condamné sans ambiguïté la tentative de coup d’État, estimant qu’« aucune raison ne saurait la justifier ». Une prise de position qui contraste avec les soupçons actuels.

L’arrestation de Candide Azannaï ravive le débat sur l’état des libertés politiques au Bénin. Entre exigences sécuritaires et respect du pluralisme, la ligne est étroite. L’absence d’explications officielles alimente les spéculations et accentue les tensions.

Dans un contexte politique déjà fragilisé, l’interpellation de Candide Azannaï marque un tournant. Elle pose une question centrale : jusqu’où ira la réponse de l’État face à la crise sécuritaire, et à quel prix pour le débat démocratique ?