
Romuald Wadagni, ministre-candidat
La scène politique béninoise s’anime à l’approche de la présidentielle de 2026. L’opposition réclame avec vigueur le retrait immédiat de Romuald Wadagni, ministre de l’économie et des Finances, désormais désigné par la majorité comme candidat officiel. Les démocrates dénoncent un conflit d’intérêt flagrant, en raison de la double casquette du ministre : responsable de l’administration fiscale et aspirant à la magistrature suprême.
Le cœur de la controverse réside dans le quitus fiscal, ce document incontournable sans lequel aucune candidature ne peut être validée. Or, sa délivrance relève de la direction générale des Impôts, structure placée sous la supervision directe du ministre candidat. Les démocrates jugent cette situation inacceptable et redoutent une partialité préjudiciable au processus électoral.
Face à ces critiques, le gouvernement tente de calmer le jeu. Le porte-parole de l’exécutif, Wilfrid Houngbedji, a indiqué que Romuald Wadagni quitterait effectivement ses fonctions, mais uniquement après l’achèvement du processus budgétaire. Selon lui, la préparation de la loi de finances 2026 nécessite sa présence.
Qui est Romuald Wadagni, l’homme du consensus présidentiel ?
« En temps et en heure, le ministre Romuald Wadagni saura se mettre en congé des activités gouvernementales. L’opposition peut être rassurée quant à la délivrance du quitus fiscal. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Il suffira simplement que les demandeurs présentent des dossiers conformes aux exigences de l’administration fiscale », a-t-il déclaré, appelant à la confiance dans la régularité des procédures.
Cette justification ne convainc pas les adversaires politiques. Guy Mitokpe, chargé de communication du parti Les démocrates, a répliqué avec fermeté : « La position du porte-parole du gouvernement ne nous surprend nullement. En dix années de gouvernance, ils nous ont démontré leur expertise dans la violation des lois et des principes fondamentaux. Ceci étant dit, nous maintenons notre position et continuons d’exiger sa démission immédiate ».
La session budgétaire, prévue dès octobre, s’étendra sur plusieurs semaines, temps nécessaire à l’examen et à l’adoption de la loi de finances. Pour la majorité, la responsabilité impose de concilier respect des règles démocratiques et continuité de l’action publique, quitte à différer le départ du ministre-candidat.













