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Bénin : Qui était Emmanuel Dégbèvi Golou, disparu à 70 ans ?

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Figure marquante de la scène politique béninoise, Emmanuel Dégbèvi Golou s’est éteint le 2 septembre 2025 au Centre national hospitalier universitaire (CNHU) de Cotonou, laissant derrière lui l’image d’un homme engagé, fidèle à ses convictions et artisan infatigable du pluralisme démocratique.

Né en 1955, il s’illustre dès sa jeunesse par une ardeur militante. Élève du lycée de Porto-Novo dans les années 1970, il rejoint l’Union générale des élèves et étudiants du Dahomey, organisation syndicale qui contestait le régime autoritaire du général Mathieu Kérékou. Avec d’autres camarades, il s’emploie à défendre les libertés fondamentales et les droits syndicaux, malgré un climat politique marqué par la répression.

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Son engagement intellectuel s’accompagne d’un solide parcours académique. Diplômé en 1984 du Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires de la BCEAO à Dakar, il obtient ensuite, en 1988, un doctorat en sciences économiques, option monnaie, finance et banque, à l’université Paris-Dauphine. Cette expertise lui permet de mettre son savoir au service de la Banque commerciale du Bénin et de mener plusieurs études sur des programmes économiques, avant de fonder son propre cabinet, Afrique Études, basé à Cotonou.

Le retour du Bénin au multipartisme en 1990 ouvre une nouvelle page de son combat. Cofondateur du Parti social-démocrate (PSD), Emmanuel Golou s’impose rapidement comme l’une de ses figures centrales. Élu député en 1991, il conserve son siège presque sans interruption, hormis une parenthèse ministérielle entre 1996 et 1998, lorsqu’il prend la tête du portefeuille de l’Énergie, des Mines et de l’Hydraulique sous le président Mathieu Kérékou. Rapporteur général de la commission des finances en 1991, puis président du groupe parlementaire PSD en 2003, il incarne une voix incontournable à l’Assemblée nationale.

Son ascension au sein du PSD le mène à la présidence du parti en 2012, après en avoir été tour à tour secrétaire général et premier vice-président. Son influence dépasse les frontières nationales : en mars 2013, il devient président du Comité Afrique de l’Internationale socialiste, organisation mondiale qui rassemble les partis progressistes.

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Homme d’ouverture, passionné de sport et amateur de tennis, Emmanuel Golou avait tenté en 2013 de briguer la présidence de la Fédération béninoise de tennis, avant de se retirer à la veille du scrutin.

Disparu à 70 ans, Emmanuel Dégbèvi Golou laisse l’empreinte d’un militant convaincu et d’un bâtisseur de la démocratie béninoise, dont l’action, tant au plan national qu’international, continuera d’inspirer les générations futures.