
Le Bénin s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire institutionnelle. À peine installé, le tout nouveau Sénat est appelé, ce jeudi 6 août 2026, à désigner son premier président. Derrière ce scrutin fondateur se dessine une bataille d’influence où d’anciens chefs d’État et d’ex-hauts responsables des institutions pourraient jouer les premiers rôles.
Après l’installation officielle de cette nouvelle chambre, les 25 sénateurs se retrouvent dans les locaux provisoires de l’Assemblée nationale pour procéder à l’élection du bureau, une étape rendue possible après la validation du règlement intérieur par la Cour constitutionnelle. Si aucune candidature n’a encore été officiellement enregistrée, les règles du scrutin laissent entrevoir plusieurs prétendants, avec la possibilité d’une dizaine de candidatures.

Le bureau du Sénat comprendra trois responsables : un président, un vice-président et un rapporteur. Toutefois, les fonctions de président et de vice-président sont exclusivement réservées aux membres de droit. Cette catégorie regroupe les anciens présidents de la République Nicéphore Dieudonné Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon, ainsi que les anciens présidents d’institutions de la République.
Les premières spéculations alimentent déjà le débat politique. Plusieurs indiscrétions évoquent la possibilité de voir l’un des anciens chefs de l’État accéder à la présidence du Sénat. Mais d’autres observateurs n’écartent pas un scénario où un ancien président d’institution créerait la surprise et s’imposerait à la tête de cette nouvelle chambre.
L’absence de Nicéphore Dieudonné Soglo lors de la cérémonie inaugurale n’est pas passée inaperçue. Doyen d’âge des sénateurs, l’ancien président n’a pu participer à l’installation en raison d’un séjour à l’étranger pour des motifs de santé. La séance a ainsi été présidée par Elisabeth Pognon, deuxième doyenne d’âge. Dans ce contexte, plusieurs analystes estiment que la présidence du Sénat pourrait cristalliser une rivalité politique entre Patrice Talon et Boni Yayi.
Le positionnement de Boni Yayi suscite d’autant plus l’attention qu’il marque un changement notable. Opposé à la création du Sénat lors des débats institutionnels, l’ancien président avait initialement annoncé son refus d’y siéger. Après une période de retrait pour raisons sanitaires, il est finalement revenu sur sa décision.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Boni Yayi a annoncé son intention d’exercer son mandat de sénateur. Il affirme que cette décision procède du respect des dispositions constitutionnelles plutôt que d’une ambition personnelle.
« Je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », a déclaré l’ancien chef de l’État pour expliquer son revirement.
L’élection de ce premier bureau constitue ainsi un moment déterminant pour le fonctionnement de cette nouvelle institution. Au-delà de la désignation de ses dirigeants, ce scrutin permettra de mesurer les premiers rapports de force au sein du Sénat béninois et de donner le ton de son rôle dans l’architecture institutionnelle du pays.














