
La justice béninoise a rendu une décision particulièrement ferme. Un journaliste exerçant dans un quotidien de Porto-Novo a été condamné à cinq ans de prison ferme et à 10 millions de francs CFA d’amende par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). La juridiction l’a reconnu coupable d’« incitation à la rébellion et apologie de crimes contre la sûreté de l’État ».
Le verdict a été prononcé le 24 mars 2026, à l’issue d’un procès qui aura suscité une vive attention dans les milieux médiatiques et politiques. Au cœur de l’affaire figurent plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux, jugées virulentes et offensantes à l’égard du président béninois Patrice Talon ainsi que de son gouvernement.
Le journaliste aurait relayé des messages interprétés comme un soutien à la Tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin. Sur Facebook, il aurait notamment évoqué l’avènement d’une « nouvelle ère » pour le pays au moment même où les mutins annonçaient leur action. Pour le parquet, ces propos s’apparentent à une forme d’adhésion publique à un projet attentatoire à la stabilité des institutions.
Les audiences ont été marquées par des échanges particulièrement animés. L’atmosphère dans la salle d’audience s’est parfois tendue, notamment en raison de l’attitude jugée défiance de la prévenue. Cette posture, considérée comme provocatrice par moments, aurait même suscité l’irritation de la présidente de la cour.
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La défense a tenté de faire valoir une irresponsabilité pénale, soutenant que l’accusée souffrirait de troubles psychiques susceptibles d’altérer son discernement. Une ligne de défense immédiatement rejetée par l’intéressée elle-même, qui a déclaré être pleinement consciente de ses actes et assumer ses publications.
Cette décision judiciaire remet au premier plan la question sensible de la responsabilité des acteurs des médias à l’ère numérique. Elle illustre également la volonté des autorités béninoises de sanctionner sévèrement toute communication perçue comme une menace pour l’ordre constitutionnel.
Par ce jugement, la justice béninoise envoie un signal clair : les propos diffusés dans l’espace public, notamment sur les réseaux sociaux, peuvent engager lourdement la responsabilité de leurs auteurs. Dans un contexte politique parfois fragile, la frontière entre liberté d’expression et atteinte à la sûreté de l’État demeure plus que jamais au cœur des débats.













