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Burkina Faso : Ibrahim Traoré désormais éligible aux prochaines élections

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Au Burkina Faso, un nouveau cap politique vient d’être franchi. Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition, peut désormais se présenter aux prochaines élections, présidentielle, législatives et communales. Cette possibilité découle de l’adoption, le vendredi 26 mars 2026, de la « Charte de la Révolution » par Assemblée Législative de Transition (ALT). Un texte qui redéfinit le cadre institutionnel et ouvre la voie à une éventuelle candidature du chef de l’État.

La nouvelle charte introduit un changement majeur dans l’organisation du pouvoir. Désormais, il n’est plus question de « Transition », mais de « Révolution ». Ainsi, l’Assemblée Législative de Transition devient l’Assemblée Législative du Peuple, tandis que le Gouvernement de Transition prend l’appellation de Gouvernement du Peuple. Dans cette architecture politique renouvelée, le président du Faso est explicitement déclaré éligible aux élections, présidentielle, législatives et municipales.

Ce tournant intervient dans un contexte particulier. Arrivé au pouvoir en septembre 2022 après un coup d’État, Ibrahim Traoré dirige le pays depuis près de quatre ans. En mai 2024, les autorités avaient déjà décidé de prolonger la période transitoire de 60 mois, repoussant l’horizon d’un retour à l’ordre constitutionnel vers 2030. Pour certains observateurs, cette modification de la charte pourrait préparer le terrain à une participation du chef de la Transition aux futures élections.

Au moment de son accession au pouvoir, le capitaine Traoré et ses alliés avaient pourtant promis un retour rapide à la démocratie. La priorité affichée était la lutte contre le terrorisme et la restauration de la gouvernance. « Il (Ibrahim Traoré) était venu avec quelque chose de précis, consistant à dire que dans six mois, il vaincrait le terrorisme et que dans moins de douze mois, il organiserait les élections pour remettre le pouvoir à un dirigeant démocratiquement élu », a rappelé Newton Ahmed Barry, éditorialiste et ancien président de la Commission électorale burkinabè.

Reste désormais une question centrale : à quand les élections au Burkina Faso ? Le nouveau texte évoque la possibilité d’un scrutin, sans fixer de calendrier précis. Comme dans d’autres pays de Alliance des États du Sahel, notamment le Mali et le Niger, les autorités continuent d’invoquer la dégradation de la situation sécuritaire pour justifier l’absence d’échéances électorales.

L’adoption de la « Charte de la Révolution » marque donc une étape politique décisive au Burkina Faso. En rendant le président de la Transition éligible aux élections, le pouvoir redessine les contours du futur paysage politique. Mais sans calendrier électoral clair, l’incertitude demeure quant au véritable retour à l’ordre démocratique.