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Burkina Faso : Ibrahim Traoré invite ses compatriotes à « oublier la démocratie »

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Le débat sur l’avenir politique du Burkina Faso prend une tournure radicale. Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition au Burkina Faso, a une nouvelle fois affiché sa position tranchée sur la démocratie. Dans un entretien accordé à la presse ce jeudi 2 avril 2026, celui qui réincarne le capitaine Thomas Sankara a affirmé que son pays a définitivement choisi une autre voie politique, fondée sur la Révolution progressiste populaire (RPP).

Pour le dirigeant burkinabè, la priorité n’est pas l’organisation d’élections mais la résolution des défis majeurs auxquels le pays est confronté. « On ne parle pas d’élection d’abord. On a des défis, il faut relever ces défis », a-t-il déclaré. Depuis son arrivée au pouvoir, aucune élection n’a été organisée. Les autorités de transition estiment que la crise sécuritaire persistante impose d’autres urgences. Dans ce contexte, les partis politiques ont été dissous, ce qui traduit une volonté d’instaurer une forme de pause politique afin de concentrer les efforts sur la stabilisation du pays.

Le capitaine Ibrahim Traoré va encore plus loin en rejetant clairement le modèle démocratique. « Il faut que les gens oublient la question de démocratie », a lancé Ibrahim Traoré. Pour lui, la démocratie n’a jamais permis le développement des nations. « Si quelqu’un vient vous parler de démocratie, il faut fuir. La démocratie tue », a-t-il affirmé, assumant pleinement cette ligne politique.

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Pour illustrer ses propos, le président burkinabè évoque l’exemple de la Libye. Selon lui, ce pays vivait mieux avant les bouleversements politiques liés à l’instauration de la démocratie. « Regardez la Libye, c’est un exemple à côté de nous. Ils vivaient en paix, l’eau était gratuite. Beaucoup de choses étaient gratuites, mais aujourd’hui regardez la misère qu’il y a. Combien de centaines d’enfants sont morts, c’est ça la démocratie ? », s’interroge-t-il.

Dans cette logique, le capitaine Traoré défend la Révolution progressiste populaire comme l’unique voie pour assurer le développement du Burkina Faso. « il n’y a pas de démocratie dans ce monde », soutient-il, estimant que seule une révolution profonde peut permettre au pays d’avancer.

En affichant une opposition frontale à la démocratie et en écartant toute perspective électorale à court terme, Ibrahim Traoré confirme l’orientation politique de la transition burkinabè. Entre révolution revendiquée et défis sécuritaires persistants, le Burkina Faso s’engage ainsi dans une trajectoire politique singulière, dont les résultats seront scrutés de près dans la région ouest-africaine.