
La tension monte à Yaoundé depuis la proclamation des résultats de la présidentielle du 12 octobre. Paul Biya a été déclaré vainqueur avec 53,66 % des voix, mais son principal rival, Issa Tchiroma Bakary, refuse d’accepter la défaite. Dans une série de déclarations au ton offensif, il s’est autoproclamé vainqueur du scrutin, provoquant la colère du camp présidentiel.
« Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », a lancé Tchiroma dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Selon lui, les procès-verbaux recueillis par son équipe le créditent de 60 % des suffrages. Il parle d’une « sanction claire du régime en place » et d’un « plébiscite en faveur du changement ». Des mots qui ont immédiatement fait réagir le pouvoir.
Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a dénoncé une « démarche conspirationniste et anti-républicaine ». Dans un communiqué au ton ferme, il a accusé le candidat de vouloir « mettre le Cameroun à feu et à sang ». Le parti au pouvoir, le RDPC, a pour sa part évoqué un « grotesque canular » et une « provocation dangereuse ».
Pendant ce temps, la rue s’agite. À Garoua, bastion de Tchiroma, des rassemblements ont éclaté pour dénoncer des « fraudes massives ». À Dschang, la permanence du RDPC a été incendiée lors d’affrontements entre militants et forces de l’ordre. Le gouvernement a renforcé la sécurité dans plusieurs villes, craignant une escalade de la tension.
À 92 ans, Paul Biya s’apprête à entamer un huitième mandat, si le Conseil constitutionnel confirme les résultats. Mais les contestations de Tchiroma plongent le pays dans une période d’incertitude. Le Cameroun retient son souffle, partagé entre la continuité d’un régime historique et le cri d’une opposition qui réclame sa « victoire volée ».













