header image

Canal+ : le MMLK appelle les Africains au boycott après le retrait de cinq chaînes

0
28

Le bras de fer se durcit entre le Mouvement Martin Luther King (MMLK) et Canal+. Dans une chronique publiée ce 3 octobre 2026, l’organisation dirigée par le pasteur Edoh Komi appelle les consommateurs africains à boycotter le groupe audiovisuel français, après le retrait de cinq chaînes du groupe TF1 de ses bouquets en Afrique.

Pour le MMLK, cette décision unilatérale soulève une question de fond : celle du respect dû aux millions d’abonnés africains qui souscrivent aux offres de Canal+. Le mouvement estime que les consommateurs concernés devraient bénéficier d’une compensation ou d’un remboursement lorsque des chaînes incluses dans leurs offres sont retirées.

Le MMLK exige une compensation

Dans sa déclaration, le président du MMLK réclame d’abord « le respect immédiat de l’abonné africain ». L’organisation demande à Canal+ de mettre en place un mécanisme de remboursement ou de compensation au bénéfice des clients affectés par le retrait des cinq chaînes.

Le mouvement conteste également les conditions commerciales appliquées aux abonnés africains. Il affirme notamment que les consommateurs du continent paieraient davantage pour des bouquets comprenant moins de chaînes que ceux proposés sur le marché français. Cette affirmation, avancée par le MMLK, constitue l’un des principaux griefs formulés contre l’opérateur.

Au-delà de la question tarifaire, l’organisation réclame davantage de transparence dans la gestion des offres. Elle souhaite que les décisions susceptibles d’affecter directement les abonnés africains fassent l’objet d’une information claire et d’une meilleure prise en compte des réalités des marchés concernés.

La menace du boycott

Face à ce qu’il considère comme une absence de considération pour les consommateurs africains, le MMLK brandit désormais l’arme du boycott. Le mouvement invite les abonnés à se détourner de Canal+ si ses revendications ne sont pas prises en compte.

« Peuples d’Afrique, débranchons l’oppresseur ! », lance le communiqué, qui présente le boycott comme un moyen de pression pacifique à la disposition des consommateurs.

Le MMLK inscrit cette démarche dans une campagne plus large en faveur de la consommation de produits et services africains. L’organisation appelle ainsi les consommateurs à privilégier les opérateurs et bouquets présents sur le continent.

Des alternatives africaines mises en avant

Dans son appel, le mouvement cite notamment New World TV au Togo, StarTimes/StarSat, DStv et GOtv du groupe sud-africain MultiChoice, ainsi que Canal 2 International au Cameroun et les différentes offres de télévision numérique terrestre nationales.

Le MMLK encourage également le recours aux opérateurs télécoms présents en Afrique, notamment TOGOCOM, MTN, Glo, Moov Africa, Orange Africa, Airtel Africa et Telecel.

Pour le mouvement, soutenir ces acteurs participe à maintenir davantage de valeur économique sur le continent. Le communiqué établit ainsi un lien entre les choix des consommateurs, la création d’emplois et le développement d’entreprises africaines.

Une dénonciation qui dépasse le cas Canal+

Dans sa chronique, le MMLK élargit le débat à la présence des multinationales étrangères sur les marchés africains. L’organisation dénonce ce qu’elle qualifie de « mépris néocolonial » et d’« impérialisme économique », estimant que les consommateurs africains doivent pouvoir défendre leurs intérêts face aux grandes entreprises internationales.

Ces qualificatifs relèvent de la position politique et militante exprimée par le MMLK dans son communiqué.

Pour le pasteur Edoh Komi, le mouvement ne mène toutefois pas, selon ses propres termes, un combat contre une entreprise en particulier. Il affirme vouloir défendre « la justice et la dignité pour tous » et promouvoir une plus grande autonomie économique africaine.

Le MMLK maintient donc la pression sur Canal+ et appelle les consommateurs à se mobiliser. Son message tient en trois revendications principales : une compensation pour les chaînes retirées, davantage de transparence dans la gestion des offres et une meilleure prise en compte des intérêts des abonnés africains.

Reste désormais à savoir quelle réponse Canal+ apportera à ces demandes et si cet appel au boycott trouvera un écho auprès des abonnés concernés.