Conseil de paix : Trump fixe le prix d’adhésion à un milliard de dollars

À Davos, la paix a désormais un prix. Ce jeudi 22 janvier, Donald Trump a lancé son « Conseil de paix » devant une vingtaine de dirigeants. L’initiative se veut mondiale. Elle se veut décisive. Mais elle s’ouvre d’abord par une condition centrale. Pour siéger de façon permanente, il faut payer un milliard de dollars. Une exigence qui redessine les équilibres diplomatiques et interroge déjà la portée réelle de cette nouvelle organisation.
Le président américain a signé la charte fondatrice du Conseil de paix en marge du Forum économique mondial. Il a présidé lui-même la cérémonie. Il a assumé la ligne. L’instance, a-t-il assuré, travaillera « en coordination » avec les Nations unies. Elle aura pour mission de résoudre des conflits. Elle devra agir vite. Mais elle restera sélective.
La première règle est financière. Le ticket d’entrée est fixé à un milliard de dollars pour un siège permanent. Cette condition marque une rupture. Elle limite l’accès aux États les plus riches. Elle exclut de fait de nombreux pays. Selon l’administration Trump, environ 35 dirigeants ont déjà accepté l’invitation, sur près de 50 sollicitées.
Donald Trump désigné comme « la plus grande menace mondiale »
Lors de la signature officielle, 19 pays ont apposé leur nom sur la charte. Parmi eux figurent l’Argentine, le Maroc, Bahreïn, la Turquie, la Hongrie, la Bulgarie, l’Azerbaïdjan et l’Indonésie. Des alliés politiques. Des partenaires stratégiques. Des États prêts à accepter les règles fixées par Washington.
Donald Trump a assumé ce choix. « Dans la plupart des cas (ce sont) des dirigeants très populaires, dans d’autres cas moins populaires. C’est comme ça dans la vie », a-t-il déclaré. Une phrase qui résume l’esprit du Conseil. Le pragmatisme avant tout.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé l’entrée en vigueur de la charte. « Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle », a-t-elle déclaré.
Le président américain a aussi profité de la tribune pour envoyer des messages fermes. Il a évoqué le Hamas. « Ils doivent déposer les armes, et s’ils ne le font pas, ce sera leur fin », a déclaré Donald Trump. Il a ajouté que le mouvement islamiste « est né le fusil à la main ». Israël a accepté de rejoindre le Conseil.
Une première décision a été annoncée. Le point de passage de Rafah rouvrira « dans les deux sens » la semaine prochaine. L’annonce a été faite par Ali Shaath, administrateur palestinien nommé par cette alliance.
Donald Trump a également évoqué l’Iran. Il a assuré que Téhéran souhaitait discuter avec Washington. Les États-Unis se disent disposés à le faire. Là encore, le Conseil se veut un canal d’influence.
Sur le plan diplomatique, certaines absences sont notables. La France a refusé de signer. Le Royaume-Uni a décliné l’invitation. À l’inverse, l’Arabie saoudite et le Qatar se montrent intéressés. Donald Trump a aussi affirmé que Vladimir Poutine avait accepté l’invitation. Moscou a répondu étudier la proposition. Une perspective qui inquiète l’Ukraine.
Avec son Conseil de paix, Donald Trump impose une diplomatie conditionnelle, fondée sur la capacité financière et l’alignement politique. L’initiative intrigue autant qu’elle divise.













