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Coton au Togo : le MMLK dénonce une filière “asphyxiée” et exige une reprise en main totale de l’Ét

Le débat sur l’avenir de la filière cotonnière au Togo connaît une nouvelle escalade. Dans un communiqué rendu public à Lomé le 29 mai 2026, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de dérive critique du secteur depuis l’entrée de la multinationale OLAM dans la gestion de la filière.

Dès l’entame, le ton est sans détour. « LA FILIÈRE DU COTON N’EST PAS À BRADER NI À LIQUIDER », affirme le mouvement, qui cible directement la gouvernance actuelle du secteur. Selon lui, la situation des producteurs s’est fortement dégradée depuis la cession de 51% de la NSCT à OLAM en 2020.

Le constat dressé est alarmant. Dans son communiqué, le MMLK évoque une filière en perte de vitesse où « le prix d’achat au producteur [est] en chute libre alors que les cours mondiaux sont favorables et flambent ». À cela s’ajoutent « l’endettement chronique des cotonculteurs étranglés par le coût des intrants imposés » et « l’absence d’industrialisation : plus de 80% du coton quitte le Togo à l’état brut ».

Pour le MMLK, les conséquences sont déjà visibles sur le terrain. Le document souligne que « *des milliers de familles paysannes s’appauvrissent chaque campagne » et que « le Togo perd des milliards en exportant du coton brut au lieu de tissu ou de vêtements ». Plus grave encore, il estime que « la filière, poumon du monde paysan du Togo est en voie de liquidation ».

Sur le plan politique et économique, le mouvement va plus loin en dénonçant une perte de souveraineté : « tant qu’OLAM détiendra 51% de la NSCT, le Togo n’aura ni maîtrise des prix, ni industrialisation, ni souveraineté* ». Et de rappeler une citation de Thomas Sankara : « Celui qui vous nourrit vous tient. »

Face à cette situation, le Mouvement Martin Luther King – MMLK formule des exigences fermes : « rupture immédiate et sans condition de la convention NSCT-OLAM », audit indépendant, fixation d’un prix plancher de 350 F CFA/kg et industrialisation locale obligatoire à hauteur de 50% d’ici 2028.

Enfin, le mouvement interpelle directement les autorités : « Le MMLK appelle le Président du Conseil au secours » et invite le Parlement à sortir de son silence face à une crise qu’il juge existentielle pour le monde rural.

« La filière du coton n’est pas à liquider. Elle n’est pas à vendre. Elle est à sauver », a conclu le MMLK.