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Derniers jours de Maradona : le témoignage bouleversant de son masseur relance les interrogations sur sa prise en charge

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À quelques jours de sa disparition, Diego Maradona n’était plus l’icône conquérante qui avait marqué l’histoire du football mondial. Affaibli, immobilisé dans son lit, le corps marqué par d’importants œdèmes, l’ancien génie argentin semblait avoir perdu toute énergie, selon le récit livré jeudi par son masseur Nicolas Taffarel devant le tribunal de San Isidro, dans le cadre du procès sur les circonstances de sa mort.

Le témoin a décrit les derniers instants d’un homme profondément diminué, incapable de prendre soin de lui-même. « Il ne se levait pas du lit, il ne voulait pas manger, il ne voulait pas se laver, il ne voulait pas s’occuper de son hygiène », a-t-il expliqué, en évoquant l’état de dépendance dans lequel se trouvait la légende argentine.

Selon Nicolas Taffarel, plusieurs signaux d’alerte auraient été transmis à l’équipe médicale qui suivait Maradona, mais les réponses apportées n’auraient pas été à la hauteur de la situation. Dans un message audio présenté à l’audience, il demandait notamment une présence médicale plus régulière auprès du joueur, estimant qu’un suivi quotidien était nécessaire.

« Je signalais les situations que je voyais chez lui, et je ne voyais pas d’action concrète ni de résolution rapide », a déclaré le masseur, très ému au moment de raconter les derniers jours de celui avec qui il entretenait une relation de confiance.

Il a notamment décrit un Maradona physiquement très diminué : « Il était gonflé, les jambes enflées… ». Face à ses inquiétudes, les professionnels de santé lui auraient demandé de rester calme, assurant que ces symptômes finiraient par disparaître.

« Les médecins me disaient de me calmer, que ces situations allaient passer. Avec la nervosité, on fait confiance, on se dit que ça va passer, que tout va se résoudre. Mais ça n’est pas passé », a-t-il confié devant les magistrats.

Un dernier échange particulièrement troublant a également été rapporté par le témoin. Le 24 novembre 2020, soit la veille du décès de Maradona, Nicolas Taffarel aurait tenté de le convaincre de se lever pour partager quelques matés, une tradition argentine autour d’une infusion.

Mais l’ancien numéro 10 lui aurait répondu : « Je ne veux rien, Taffita, ça y est ». Interrogé sur cette phrase énigmatique, Maradona aurait simplement répété : « Rien, ça y est ». Une expression (« ya esta » en espagnol) pouvant être interprétée comme « c’est bon » ou « c’est fini », donnant aujourd’hui une dimension particulière à cet échange.

Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020, à l’âge de 60 ans, après une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire. Il a été retrouvé sans vie dans sa chambre d’une maison située à Tigre, au nord de Buenos Aires, où il poursuivait une convalescence après une opération. Selon plusieurs experts médico-légaux entendus au procès, la mort aurait été précédée par plusieurs heures d’agonie.

Les témoignages successifs mettent progressivement en lumière les conditions de suivi médical de la star durant ses derniers jours. Mardi, un agent de sécurité présent dans la résidence de Tigre avait déjà évoqué une organisation jugée insuffisante autour de Maradona. « Le médecin devait venir, et il ne venait pas », avait affirmé Anibal Dominguez, en référence notamment au docteur Leopoldo Luque, qui figurait parmi les proches collaborateurs médicaux de l’ancien champion.

Depuis la mi-avril, sept membres de l’équipe médicale de Maradona — médecins, psychiatre, psychologue et infirmiers — comparaissent devant la justice argentine pour déterminer si d’éventuelles négligences ont contribué à sa mort.

Les accusés contestent toute responsabilité. La plupart affirment que leurs interventions relevaient de domaines spécifiques et qu’ils n’avaient pas de contrôle direct sur l’ensemble de l’état clinique du joueur. Ils encourent jusqu’à 25 ans de prison si leur responsabilité est reconnue. Le procès, qui doit se poursuivre encore plusieurs mois, pourrait dépasser le mois d’août.