header image

Frontière maritime : Lomé fustige la décision unilatérale d’Accra

0
131

Le gouvernement en Conseil des ministres a examiné, mercredi 25 février 2026, la question sensible de la délimitation de la frontière maritime entre la République togolaise et la République du Ghana. À l’issue des travaux, l’exécutif a exprimé sa vive préoccupation face à l’orientation récemment prise par les autorités ghanéennes.

La communication présentée par le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières a permis de faire le point sur l’évolution de ce dossier stratégique. Selon le gouvernement, la démarche engagée par Accra rompt avec la dynamique de concertation patiemment construite ces dernières années.

Depuis 2018, en effet, Lomé et Accra avaient privilégié la voie du dialogue bilatéral. Les discussions, menées dans un esprit de coopération et de responsabilité mutuelle, ont abouti à des avancées techniques substantielles. Une carte marine commune a été adoptée. Des points de référence consensuels ont été définis pour baliser la future délimitation. Autant d’acquis qui traduisaient une volonté partagée d’aboutir à un règlement harmonieux.

C’est dans ce contexte que le gouvernement togolais dit avoir été officiellement informé d’un changement de cap.

« Dans ce contexte de négociations bilatérales, le 20 février 2026, le gouvernement togolais a été informé officiellement de la décision unilatérale du Ghana de recourir à une procédure d’arbitrage international pour la délimitation de la frontière maritime, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 », précise le communiqué gouvernemental.

Lomé rappelle que ces négociations faisaient suite à plusieurs incidents maritimes enregistrés entre 2016 et 2018 dans la zone frontalière, marqués par des violations répétées de l’espace maritime revendiqué par le Togo, impliquant des unités navales et des navires de recherche mandatés par le Ghana.

Les autorités togolaises soulignent également qu’elles avaient, dès 2019, clarifié leur position quant au mécanisme de règlement des différends.

« Cette initiative intervient en dépit de la déclaration du Togo, formulée le 12 avril 2019, dans laquelle notre pays exprimait sa préférence pour un règlement juridictionnel, en cas de différend, devant le Tribunal international du droit de la mer ou la Cour internationale de justice, en accord avec la Convention susmentionnée », déplore le gouvernement togolais.

Tout en réaffirmant son attachement indéfectible au règlement pacifique des différends, au bon voisinage et à la coopération fraternelle entre États, le gouvernement assure qu’il défendra, par tous les moyens légaux appropriés, les droits et intérêts légitimes du Togo dans le cadre du règlement définitif de ce différend maritime.