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FTF : Recruter un entraîneur suffit-il vraiment à sauver le football togolais ?

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Le départ de Nibombé Daré ouvre une page nouvelle pour les Éperviers du Togo. Dans les coulisses, la Fédération Togolaise de Football (FTF) planche sur le recrutement d’un nouveau sélectionneur, avec le Français Jean-Michel Cavalli, ancien entraîneur du Niger, comme principal candidat. Sa vaste expérience du football africain et sa connaissance des sélections nationales semblent répondre au besoin d’un encadrement structuré et expérimenté.

Pourtant, la question qui se pose est fondamentale : le football togolais peut-il retrouver ses lettres de noblesse simplement par le choix d’un entraîneur ? Rock Gnassingbé rappelle à ce propos le succès historique de 2005 : « Le succès n’était pas un hasard. Il reposait sur une vision claire, partagée avec le sélectionneur Stephen Keshi. » Le duo avait même envisagé la création d’une académie de formation près du siège de la FTF, afin d’assurer la relève. Shéyi Adebayor était un joyau, mais il ne pouvait pas être éternel. « Si cette académie avait existé, le Togo aurait aujourd’hui une base solide ». Cette réflexion met en lumière un problème récurrent : sans structure de formation et plan national pour dénicher les talents, même le meilleur entraîneur aura les mains liées.

Le président de la FTF, le Colonel Guy Akpovy, souligne également l’importance d’un travail de fond : « Nous devons faire en sorte que nos clubs deviennent très forts. Et sans moyens, vous ne pouvez pas y arriver. Je sais que dans quelques mois… nous allons avoir une équipe nationale solide. » Mais cette ambition, si louable soit-elle, interroge sur la densité du travail à accomplir. La formation de jeunes joueurs, la consolidation des clubs locaux et la mise en place de politiques durables ne se réalisent pas en quelques mois.

Ainsi, le probable recrutement de Cavalli apparaît comme une étape nécessaire mais insuffisante. Pour que le Togo retrouve sa place sur la scène africaine, il faut conjuguer vision stratégique, infrastructures de qualité et politique nationale de détection et de formation des talents. Les Éperviers ont besoin d’un entraîneur, certes, mais aussi d’un plan de long terme qui dépasse le simple choix technique.

Relancer le football togolais exige un équilibre entre expertise sur le banc et structuration en amont. L’histoire récente montre que sans bases solides, le renouvellement des entraîneurs n’a jamais suffi à créer une dynamique durable. Le recrutement de Cavalli pourrait amorcer un cycle positif, mais la réussite dépendra surtout des moyens et de la vision globale que la FTF saura mettre en œuvre.