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Grâce présidentielle : « Il ne s’agit ni d’impunité, ni de faiblesse sur des crimes graves… », selon Faure Gnassingbé

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À l’orée de la nouvelle année, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est adressé à la Nation le mardi 30 décembre 2025. Dans cette allocution de fin d’année, il a placé le rassemblement national et l’apaisement de la vie politique au centre de ses orientations pour 2026.

Parmi les annonces majeures de ce message, figure la mise en œuvre imminente de mesures de grâce et de clémence, présentées comme un signal fort en faveur de la concorde nationale.

Le chef de l’exécutif a ainsi indiqué avoir instruit le Garde des Sceaux « d’exécuter les décisions de grâce et de clémence » arrêtées lors du dernier Conseil des ministres, a-t-il fait savoir.

Il a tenu à en préciser l’esprit en soulignant que « Il ne s’agit ni d’impunité, ni de faiblesse sur des crimes graves. Il s’agit plutôt d’éviter que des erreurs ou des moments d’égarement deviennent des destins brisés. Il s’agit, surtout, de permettre à notre pays de regarder de l’avant », a-t-il justifié.

Cette initiative s’inscrit, selon lui, dans une démarche résolue de réconciliation nationale, destinée à instaurer un climat politique plus serein à l’aube de la première année pleine du régime parlementaire.

Dans son adresse, le Président du Conseil a également accordé une place notable au rôle de l’opposition dans le nouvel édifice institutionnel. Il a affirmé sans détour : « Je veux le dire clairement ce soir : l’opposition est une composante essentielle de la République. Elle a la responsabilité de questionner, d’alerter, et de proposer », a-t-il déclaré.

Cette reconnaissance formelle intervient dans un contexte marqué par de vives discussions autour de l’avènement de la Ve République et des interrogations qu’elle a suscitées quant à la dynamique démocratique du pays.
Vers une « culture politique nouvelle »
Se projetant vers l’avenir, Faure Gnassingbé a exprimé le souhait de voir s’installer, dès 2026, une « culture politique nouvelle », fondée sur le respect, l’écoute et le dialogue.

« Je souhaite qu’une culture politique de respect s’impose : une culture où l’on critique les idées, mais jamais les personnes, où l’on s’oppose sans se déchirer, où l’on débat sans se détruire », a-t-il déclaré.

Dans le même élan, il a invité l’ensemble des acteurs politiques à « franchir ensemble cette étape supplémentaire vers un climat politique plus apaisé, où les désaccords s’expriment de manière constructive, sans violence ni dégradations », a-t-il exhorté.

Au-delà de la sphère politique, le Président du Conseil a estimé que le rassemblement national passe également par une meilleure justice territoriale et une décentralisation effective.

« Rassembler, c’est renforcer notre unité nationale. Et elle ne peut s’épanouir que dans l’équité territoriale », a-t-il expliqué, annonçant que les élus locaux seraient « désormais davantage associés à l’action publique », a-t-il souligné.

Il a précisé que cette orientation s’appuie sur les réformes engagées en 2025, lesquelles ont, selon ses termes, « renforcé les moyens d’action des collectivités et amélioré la coordination entre l’Exécutif, l’Assemblée, le Sénat et les territoires », a-t-il fait savoir.

Enfin, le Président du Conseil a inscrit l’ensemble de ces mesures dans une vision plus globale de réconciliation nationale, fondée sur le dialogue et la compréhension mutuelle.

« Pour rassembler ainsi la Nation, il faut commencer par tendre la main, reconnaître que la paix civile ne se maintient pas seulement par la loi, mais aussi par le geste juste et par la compréhension », a-t-il affirmé.