
La Guinée-Bissau vient de basculer dans une nouvelle transition politique. Mercredi, l’armée a confirmé avoir renversé le président Umaro Sissoco Embaló, mettant fin à son mandat au terme d’une journée de fortes tensions dans la capitale. Une annonce faite en soirée, lors d’un communiqué solennel lu à la télévision nationale.

À la tête du mouvement, le général Denis N’Canha est apparu entouré d’un groupe d’officiers. Il a proclamé la prise de pouvoir des forces armées et annoncé la destitution du chef de l’État. Selon lui, cette intervention vise à « restaurer l’ordre, protéger les institutions et garantir la stabilité nationale ». Un message court, ferme, destiné à rassurer une population habituée aux crises politiques.
Les militaires occupent désormais les points stratégiques de Bissau. Des unités ont été déployées autour du palais présidentiel, des ministères et des axes principaux. Cette présence renforce l’idée d’un contrôle complet de l’appareil sécuritaire par les putschistes. Dans la capitale, les habitants observent la situation avec prudence, tandis que les activités restent ralenties.
En revanche, le camp d’Embaló reste silencieux. Aucun de ses proches n’a réagi publiquement. Ce mutisme nourrit les interrogations sur son sort et sur les futures orientations du pays. L’incertitude domine, d’autant que les nouvelles autorités n’ont pas encore détaillé leur feuille de route ni annoncé un calendrier pour un retour à l’ordre constitutionnel.
Ce coup de force marque un tournant pour la Guinée-Bissau, déjà fragilisée par plusieurs épisodes de tensions institutionnelles. Avec cette nouvelle transition, le pays se retrouve à un carrefour décisif. La priorité sera désormais de rétablir la confiance, de stabiliser les institutions et de rassurer une population fatiguée par les crises à répétition.












