Les pays d’Afrique aux horaires de travail les plus élevés en 2025

Les travailleurs africains comptent parmi les plus acharnés au monde. En 2025, de nouvelles données du World Population Review révèlent que dix pays du continent figurent dans le classement mondial des nations où l’on travaille le plus longtemps. Un indicateur frappant, qui illustre autant la résilience que la pression économique quotidienne.

Dans plusieurs pays africains, les semaines dépassent largement les standards internationaux. Alors que la moyenne mondiale tourne autour de 38,7 heures, certaines économies du continent atteignent ou franchissent la barre des 50 heures. Cette réalité tient à des facteurs bien connus : emploi informel massif, bas salaires, productivité limitée par le manque de technologies, et nécessité de multiplier les activités pour joindre les deux bouts.
À l’opposé, l’Europe affiche des niveaux bien plus faibles. Aux Pays-Bas, la semaine de travail moyenne ne dépasse pas 26,8 heures. En Norvège, elle tourne autour de 27,1 heures. Ces résultats s’expliquent par la forte productivité, des systèmes sociaux solides et une organisation du travail plus moderne. L’écart illustre deux mondes : l’un où la technologie soutient la performance, l’autre où l’effort humain reste la principale ressource.
Cependant, travailler plus ne signifie pas produire davantage. En Afrique, ces heures prolongées traduisent souvent un impératif de survie. Beaucoup de travailleurs ne bénéficient pas de congés, de sécurité sociale, ni de protection syndicale. Le « plus travailleur » n’est donc pas synonyme de meilleure productivité, mais plutôt d’une mobilisation intense pour des revenus souvent modestes.
| Rang | Pays | Heures moyennes / semaine (2025) | Contexte |
|---|---|---|---|
| 1 | Soudan | 50,8 h | L’instabilité économique et le poids du travail informel prolongent les semaines de travail. Beaucoup cumulent plusieurs activités pour assurer leurs revenus. |
| 2 | Lesotho | 50,2 h | L’industrie manufacturière, notamment textile, et le travail transfrontalier vers l’Afrique du Sud allongent les heures de travail. |
| 3 | République du Congo | 48,7 h | Les secteurs pétrolier et de la construction dominent. Les faibles salaires poussent à effectuer davantage d’heures supplémentaires. |
| 4 | São Tomé-et-Príncipe | 48,2 h | Le tourisme et l’agriculture mobilisent la main-d’œuvre sur de longues plages horaires. |
| 5 | Liberia | 47,5 h | Le chômage élevé encourage le travail indépendant et le commerce, ce qui rallonge fortement les heures travaillées. |
| 6 | Égypte | 45,6 h | Une économie diversifiée (commerce, tourisme, secteur informel) absorbe une grande partie de la population active. |
| 7 | Burkina Faso | 45,3 h | L’agriculture et le petit commerce dominent. Les familles cumulent souvent plusieurs activités pour stabiliser leurs revenus. |
| 8 | Cap-Vert | 45,3 h | Le secteur des services et surtout le tourisme nécessitent une disponibilité accrue et une main-d’œuvre saisonnière. |
| 9 | Zimbabwe | 45,0 h | L’inflation et les fortes pressions économiques poussent les travailleurs à multiplier les emplois et activités annexes. |
| 10 | Sénégal | 44,9 h | Le commerce informel et l’agriculture entraînent un volume d’heures de travail élevé dans l’ensemble de la population active. |
En tête du continent, le Soudan dépasse 50,8 heures par semaine. Une durée qui reflète un contexte économique difficile, marqué par une inflation persistante et un secteur informel dominant. De nombreux Soudanais cumulent des emplois pour couvrir leurs besoins essentiels. Juste derrière, le Lesotho enregistre 50,2 heures, porté par son industrie textile et ses liens professionnels avec l’Afrique du Sud.
Viennent ensuite la République du Congo (48,7 heures) et Sao Tomé-et-Principe (48,2 heures). Dans ces économies, l’agriculture, le bâtiment et le tourisme forment l’essentiel des opportunités, souvent sous-payées et dépourvues de protections sociales. Le Liberia suit avec 47,5 heures. Là encore, le travail informel domine, et beaucoup vivent de petits commerces ou d’activités indépendantes.
L’Égypte, le Burkina Faso, le Cap-Vert, le Zimbabwe et le Sénégal dépassent également les 44 heures de travail hebdomadaire. Un chiffre qui en dit long sur la pression économique et la nécessité de prolonger les journées pour assurer un revenu suffisant.
Ces données rappellent une évidence : derrière chaque heure travaillée, il y a des millions d’hommes et de femmes animés par la volonté de résister, de progresser et de soutenir leur famille. Malgré l’absence de structures modernes, les travailleurs africains restent le moteur essentiel de leurs économies.
Ces longues semaines de travail reflètent un continent en pleine mutation, où la détermination humaine compense les fragilités économiques. Elles rappellent surtout l’urgence d’investir dans la productivité, la protection sociale et la modernisation du travail, pour que l’effort collectif soit enfin récompensé à sa juste valeur.













