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Mbappé–PSG : le bras de fer judiciaire est lancé

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La rupture entre Kylian Mbappé et le Paris Saint-Germain dépasse désormais le cadre sportif. Après des mois de tensions et de négociations infructueuses, les deux parties se retrouvent devant le conseil de prud’hommes de Paris. En jeu : des dizaines de millions d’euros, des contrats contestés et une bataille juridique qui pourrait s’inscrire dans la durée.

Rien ne garantit toutefois une décision immédiate. Les quatre conseillers prud’homaux pourraient renvoyer l’affaire à une audience ultérieure, avec l’appui d’un juge professionnel. « L’affaire ne sera pas terminée demain », confie déjà un acteur du dossier, laissant planer la perspective d’un appel. Lors de l’audience de novembre, les deux camps avaient montré qu’ils ne céderaient rien.

Au cœur du litige, 55 millions d’euros de salaires et de primes impayés à la fin du contrat de l’attaquant. Désormais joueur du Real Madrid, Mbappé a saisi la justice après l’échec des démarches devant les instances sportives. Ses avocats réclament au total 263 millions d’euros, invoquant notamment la requalification de son CDD en CDI.

La défense du capitaine des Bleus dénonce un licenciement sans cause réelle, du harcèlement moral, du travail dissimulé et une exécution déloyale du contrat. Autant de griefs chiffrés avec précision. « M. Mbappé demande seulement l’application du droit du travail, comme tout salarié », assurent ses conseils.

Le PSG a choisi la contre-attaque. Le club réclame 440 millions d’euros à son ancien buteur. Il s’appuie sur un accord verbal conclu à l’été 2023, censé protéger l’institution d’un départ libre jugé préjudiciable. Selon la direction, la remise en cause de cet engagement aurait causé un dommage majeur à l’image et aux finances du club.

Ce bras de fer a durablement abîmé la relation. Mis à l’écart en début de saison 2023-2024, puis réintégré, Mbappé est finalement parti sans célébration. Une sortie discrète, à l’image d’un divorce mal refermé.

Au-delà des chiffres, cette affaire pose une question centrale : celle de l’équilibre entre droit du travail et enjeux du football moderne. La justice devra dire le droit. Et, sans doute, prendre son temps.