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Niger : la nouvelle offensive verbale de Tiani contre la France

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Au Niger, le général Abdourahamane Tiani hausse le ton. Lors d’un entretien de plus de trois heures, accordé à la Radio Télévision du Niger, le chef du régime militaire a livré une charge sans détour contre la France. Sécurité, ressources naturelles, souveraineté : aucun sujet sensible n’a été éludé.

Revenant sur la récente attaque contre l’aéroport de Niamey, revendiquée par l’État islamique dans le Grand Sahara, le général Tiani a catégoriquement rejeté cette version. « Ce n’était pas l’EIGS [groupe État islamique dans le grand Sahel] ; ce n’était pas le Jnim [Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, proche d’al-Qaïda] ; c’était un conglomérat de mercenaires que les Français ont financé, et nous connaissons le montant du financement. L’objectif était de détruire tout ce que nous avons comme capacité aérienne », a-t-il déclaré. Des accusations graves très directes qui traduisent une rupture assumée avec Paris.

Sur le terrain économique, le discours est tout aussi offensif. Le chef de la junte estime que le Niger ne tire pas encore profit de ses richesses. Il évoque notamment le pétrole, dont les retombées seraient insuffisantes pour la population. « Mais, que rapporte le pétrole aux Nigériens ? Et c’est ce que nous n’avons cessé d’annoncer aux Nigériens. Il faut qu’ils comprennent que nous ne sommes pas à 100 % maîtres de nos ressources naturelles », a-t-il regretté.

Pour le général Tiani, le Niger est engagé dans un processus de réappropriation de ses ressources naturelles. Un chantier qu’il annonce long, mais nécessaire. L’objectif affiché est de reprendre le contrôle, consolider l’indépendance, redéfinir les partenariats.

À travers cette sortie médiatique, le pouvoir militaire de Niamey confirme sa ligne. Fermeté sécuritaire. Affirmation souverainiste. Rupture avec l’influence française. Le Niger, assure son dirigeant, entend désormais tracer sa propre voie.