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Niger : le MMLK dénonce les diktats de l’Union européenne

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À quelques jours d’une échéance fixée par l’Union européenne concernant la situation politique au Niger, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) hausse le ton. L’organisation togolaise de défense des droits humains dénonce ce qu’elle considère comme une ingérence étrangère dans les affaires internes des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) et appelle à une mobilisation des peuples africains.

Dans un communiqué rendu public le 31 mars 2026 à Lomé, le mouvement condamne fermement l’ultimatum fixé au 2 avril par le Parlement européen. Celui-ci exige la libération immédiate de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État du 26 juillet 2023. Une exigence que le MMLK juge inacceptable.

« Le Mouvement Martin Luther King dénonce et appelle à la mobilisation des peuples africains contre ces ingérences qu’il qualifie d’inacceptables et de paternalistes de l’Union européenne dans les affaires intérieures du Niger et des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) », peut-on lire dans le communiqué.

Le mouvement voit dans cette résolution une nouvelle tentative de pression politique. Pour ses responsables, la situation actuelle s’explique aussi par la recomposition des rapports de force dans la région sahélienne. Après le retrait de certaines puissances occidentales du Mali, du Burkina Faso et du Niger, l’organisation estime que « la France et une partie de l’Union européenne semblent désormais animées par un esprit de revanche ».

Le MMLK appelle donc les citoyens africains à la vigilance. Selon le communiqué, « à deux jours de cet ultimatum colonial et méprisant envers les autorités d’un État souverain, le MMLK appelle les peuples africains à s’organiser, à rester vigilants et à se tenir prêts pour exprimer leur rejet et faire échec à ces ingérences répétées dans les affaires internes des États de l’AES. »

Dans la même logique, l’organisation affirme soutenir la dynamique souverainiste portée par l’Alliance des États du Sahel. Elle estime que ce mouvement traduit la volonté des peuples de reprendre le contrôle de leur destin et de leurs ressources, notamment celles du Niger.

Toutefois, le MMLK rappelle que la question de Mohamed Bazoum relève exclusivement de la justice nigérienne. « Toute tentative d’ingérence ou d’injonction extérieure est jugée irrecevable », souligne le communiqué, tout en réaffirmant son attachement au respect des droits fondamentaux et à la garantie d’un procès équitable.

À travers cette prise de position, le Mouvement Martin Luther King entend relancer le débat sur la souveraineté des États africains face aux pressions extérieures. Pour l’organisation, l’heure est désormais à la vigilance et à la solidarité entre peuples africains afin de défendre leur indépendance politique et économique.