
Ousmane SONKO, nouveau Président de l'Assemblée nationale
À peine évincé de la Primature, déjà propulsé à l’un des postes les plus stratégiques de l’architecture institutionnelle sénégalaise. Au Sénégal, la trajectoire politique d’Ousmane Sonko continue de déjouer tous les scénarios établis. Ce mardi à Dakar, le leader du PASTEF a été porté à la présidence de l’Assemblée nationale avec une majorité écrasante de 132 voix sur 165, signant un retour fulgurant au cœur du pouvoir seulement trois jours après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye.
Ce repositionnement spectaculaire intervient dans un contexte de profonde reconfiguration au sommet de l’État sénégalais. Vendredi dernier, Bassirou Diomaye Faye mettait officiellement un terme aux fonctions de son chef du gouvernement, ouvrant ainsi une séquence politique marquée par une redistribution rapide des responsabilités institutionnelles. Dans la foulée, la présidence sénégalaise annonçait, lundi, la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lo à la tête de la Primature. Ancien haut cadre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ce dernier succède à Sonko dans la conduite de l’action gouvernementale.
Du duo au duel
Mais loin d’être relégué à l’arrière-plan, Ousmane Sonko effectue un retour stratégique au Parlement, où son influence demeure considérable. Son élection au perchoir consacre non seulement sa résilience politique, mais confirme également l’emprise persistante du PASTEF sur les institutions représentatives du pays.
L’accession de Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale a été rendue possible après la démission d’El Malick Ndiaye, un départ qui a ouvert un boulevard au retour de l’ancien Premier ministre dans l’hémicycle. Ce mardi, le dirigeant du PASTEF a d’abord retrouvé son siège de député — mandat qu’il avait suspendu lors de sa nomination à la Primature en avril 2024 — avant de gravir une nouvelle marche institutionnelle en prenant la tête du Parlement.
Cette élection vient également consolider la domination parlementaire du PASTEF, sortie largement victorieuse des élections législatives de 2024. Fort d’une majorité confortable au sein de l’Assemblée nationale, le parti au pouvoir conserve ainsi une maîtrise décisive de l’agenda législatif et du fonctionnement institutionnel.
Sénégal : Ahmadou Al Aminou Lo nommé Premier ministre
Désormais installé au perchoir, Ousmane Sonko aura la responsabilité de conduire les travaux parlementaires de la session en cours et de superviser, conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale sénégalaise, la mise en place complète du bureau de l’institution dans les prochains jours. Une nouvelle posture politique qui, loin de l’éloigner des centres de décision, le replace au contraire au cœur du jeu institutionnel sénégalais.














