
Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko
À Dakar, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a une nouvelle fois relancé le débat sur la souveraineté monétaire en Afrique de l’Ouest. Devant un parterre de dirigeants et d’investisseurs réunis au forum Invest in Senegal, il a appelé les États de la région à faire preuve de courage politique pour engager, enfin, les réformes monétaires attendues depuis des décennies.
« Il faut du courage politique dans les prises de décisions », a martelé Ousmane Sonko. Selon lui, la question de la monnaie commune reste un symbole d’inachèvement politique. « Nous connaissons les problèmes, nous savons les réformes qu’il faut faire. Depuis des années, tout est sur la table, mais il y a un manque de courage politique », a-t-il insisté, sous le regard du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et de son homologue bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló.
Sénégal : Vers une rupture entre Sonko et Diomaye ?
Le chef du gouvernement sénégalais, farouche critique du franc CFA qu’il qualifie de vestige colonial, plaide pour une rupture claire avec le système actuel. « Il est temps que nos autorités prennent leurs responsabilités », a-t-il ajouté, rappelant qu’« aucune autre région du monde ne partage une monnaie sans véritable contrôle politique ».
Le franc CFA, utilisé par quatorze pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, reste aujourd’hui imprimé en France. Une situation jugée anachronique par de nombreux économistes et militants panafricanistes, qui réclament depuis plusieurs années la création d’une monnaie véritablement africaine.
Pour Ousmane Sonko, cette réforme ne relève plus d’un simple débat technique. Elle est devenue un enjeu de dignité et d’indépendance économique. Son appel à un sursaut collectif pourrait bien relancer la dynamique vers une monnaie souveraine, symbole d’une Afrique maîtresse de son destin.













