Ramadan en France : la date divise les musulmans

Le début du Ramadan en France a viré à la confusion. Mardi soir, des annonces contradictoires ont semé le trouble au sein de la communauté musulmane. Mercredi pour certains, jeudi pour d’autres. Résultat : incompréhension, colère et débats enflammés sur les réseaux sociaux.
La polémique est née de déclarations divergentes entre le Conseil Français du Culte Musulman et la Grande Mosquée de Paris. La mosquée parisienne, très médiatisée, a annoncé mercredi comme premier jour du mois sacré. Dans un communiqué, elle explique que sa décision repose sur la « consultation des données astronomiques et des observations de la lune » ayant permis de déterminer le « premier jour du mois béni de Ramadan » un mercredi.
De son côté, le CFCM maintient une autre position. « Conformément aux données scientifiques, les conditions pour la visibilité de la nouvelle lune ne seront remplies que le 18 février 2026… le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), réitère son annonce » que le jeudi sera le premier jour du Ramada, a indiqué l’institution. Et d’ajouter : « Tout en respectant les décisions prises par certains pays musulmans, le CFCM rappelle que ces décisions ne doivent pas engager les musulmans de France ».
Au-delà de ces deux instances, la division s’est propagée dans plusieurs villes. Des fidèles ont constaté que la mosquée de Lyon annonçait mercredi, tandis que celle de Saint-Étienne optait pour jeudi. Une situation d’autant plus troublante que les deux villes ne sont séparées que d’une heure de route.
Sur Instagram, une internaute s’est indignée : « Ce qui se passe en France c’est du grand n’importe quoi. Les mosquées en France annoncent des dates différentes ». Un autre a ironisé : « Mais ils sont musulmans à la Mosquée de Paris ? », après l’annonce en vidéo de Chems Eddine Hafiz, recteur de la mosquée.
Au fond, le débat dépasse la simple date du Ramadan. Il renvoie aux méthodes de détermination du calendrier islamique. Certains pays et fédérations privilégient le calcul astronomique, permettant de fixer la date à l’avance. D’autres défendent l’observation lunaire, fidèle à la tradition prophétique.
Cette méthode consiste à observer le croissant de lune au 29e jour du mois de Chaabane. S’il est visible, le Ramadan commence le lendemain. Sinon, le mois est complété à 30 jours.
En France, beaucoup de fidèles suivaient traditionnellement l’annonce de l’Arabie saoudite ou celle du Maroc. Mais les sensibilités évoluent. Cette année, la division apparaît plus nette que jamais.
Au-delà de la controverse, une réalité s’impose : l’absence d’une position unifiée fragilise la cohésion. Le Ramadan, mois de spiritualité et de rassemblement, débute ainsi sous le signe du débat. Un défi pour les représentants du culte musulman en France, appelés à restaurer la confiance et l’unité.












